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À NE PAS MANQUER
TABLEAU DES MÉDAILLES
1 USA 35 39 29 103
2 CHN 32 17 14 63
3 RUS 27 27 38 92
21 CAN 3 6 3 12
NOS CYBER-REPORTERS
Escrime
Sherraine MacKay: fine lame... et belle plume!

Sherraine MacKay
Photo: André Ringuette
6 août 2004 – Pourquoi devient-on escrimeur à 12 ans? Parce qu'on est un fan du dessin animé Touchée la tortue? Parce que les romans et films de cape et d'épée nous fascinent? Non. Quand on est Sherraine MacKay, née Schalm, on le devient pour attirer l'attention du prof cool de l'école, qui, heureux hasard, est aussi l'entraîneur du club de l'établissement.

On est loin de la passion dévorante ou du rêve d'enfance...

« Je n'aimais pas l'escrime au début parce que je pratiquais des sports d'équipe et je trouvais que c'était un sport stupide où il faut être habillé en blanc et piquer les autres personnes », raconte l'escrimeuse de 29 ans avec l'humour qui la caractérise.

« Mais nous nous sommes rendus à la première compétition et j'ai vraiment beaucoup aimé ça parce que l'attitude était très différente de celle qui régnait à l'entraînement. L'entraînement, c'était apprendre le comment faire, alors que la compétition, c'était le vrai truc et c'est ce que j'aimais le plus », ajoute celle qui est passée à l'épée après deux ans de fleuret.

Exils

Sherraine MacKay
Photo: Peter Bregg
Commence alors pour l'Albertaine originaire de Brooks une grande aventure qui sera marquée par deux exils. D'abord à Ottawa, en 1993, pour joindre le club Excalibur et le maître d'armes d'origine française Manuel Guittet.

Viendra ensuite Paris, où elle réside depuis trois ans et s'entraîne sous les ordres du maître d'armes Daniel Levavasseur au Racing club de France, dont Guittet est issu.

Ce dernier déménagement a bien servi Sherraine, qui a récolté 11 de ses 15 podiums individuels en Coupe du monde ou Grand Prix depuis 2001 et qui a occupé le deuxième rang mondial pendant presque un an. Actuellement huitième, elle a décroché l'or à la dernière Coupe du monde avant les Jeux olympiques, le 27 juin à Porto Rico.

Sixième aux Championnats du monde seniors de 1999 et 2001, la meilleure performance canadienne, tous sexes et armes confondus, de l'histoire, Sherraine pourrait bien être la première athlète du pays à monter sur le podium olympique en escrime, elle qui avait fini 19e en 2000. Elle ne le nie pas, mais reste lucide.

« Je crois que beaucoup de gens devraient se voir comme des espoirs de médaille parce que les Jeux olympiques sont une compétition étrange et vous ne savez jamais ce qui va arriver, spécialement dans un sport de combat, estime-t-elle. Si vous êtes dans une excellente journée et êtes 32e au monde et que vous affrontez la personne qui est classée première, il est très possible que vous la battiez. Personne n'en mourrait de surprise. »

Une médaille, oui mais...

Sherraine Mackay
Photo: Peter Bregg
Si Sherraine reconnaît l'importance d'une médaille olympique, elle maintient que ce n'est pas une finalité en soi.

« C'est comme si vous gagnez un prix de journalisme, mais que vous estimez que ce n'était pas votre meilleur travail. Le prix ne représente alors pas tellement pour vous. Si je sais que j'ai offert mon meilleur effort, mais que le hasard fait que la personne que j'affronte est nettement meilleure que moi ce jour-là et me bat, alors je serai totalement satisfaite de mon résultat. »

Réaliser une belle performance devant son mari Geordie, un guitariste qu'elle a épousé après Sydney, serait aussi une grande joie. « Je pense que mon mari n'a assisté en personne qu'à quelques reprises seulement à mes très bons résultats. J'aimerais beaucoup partager une victoire avec lui sur place, alors ce serait vraiment super si j'obtenais un bon résultat individuel. »

Et un bon résultat en équipe, avec Monique Kavelaars et Catherine Dunnette? « Ça serait la cerise sur le gâteau! Nous ne sommes pas parmi les favorites, alors je ne serais pas surprise si nous ne gagnons pas l'or, mais je ne serais pas non plus surprise si nous obtenons une médaille. »

Sherraine l'écrivaine

Sherraine MacKay
Photo: Peter Bregg
Après ses compétitions individuelles, le 15 août, et par équipe, le 20, Sherraine compte bien aller voir entre autres la gymnastique artistique, qu'elle adore, et le judo. Mais elle veut surtout rencontrer le plus d'athlètes possible.

« Je vais me promener partout et me faire prendre en photo avec eux en comparant mes biceps aux leurs. C'est mon objectif! », lance-t-elle dans un éclat de rire.

Blague à part, c'est que Sherraine, qui est diplômée en éducation et en anglais, aime bien troquer l'épée pour la plume, et prépare un livre qui paraîtra début 2005. Un projet né des courriels qu'elle envoyait à ses proches après les compétitions; courriels qui sont devenus des chroniques lues sur les ondes de la radio anglaise de Radio-Canada, des papiers publiés dans le Toronto Star et qui ont attiré l'attention d'une maison d'édition.

« Ce sera une sorte de journal. Des histoires amusantes à propos des voyages que j'ai faits, des récits cocasses à propos d'autres athlètes, à propos de l'entraînement et à propos de mon fou d'entraîneur... »

Et pourquoi pas le récit d'une remise de médailles comme dernier chapitre?

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