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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Livres

Mise à jour le mardi 10 avril 2007 à 13 h 30
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Écologie - Rencontre

Comment les riches détruisent la planète

Un texte de Florence Meney

Le combat de longue date du journaliste français Hervé Kempf est celui de la préservation de l'environnement, sous ses aspects les plus variés.

Hervé Kempf

Hervé Kempf

Mais celui qui a défriché nombre de grands dossiers sur le changement climatique, la biodiversité ou les OGM lance dans son nouveau livre Comment les riches détruisent la planète un cri d'alarme: environnement et équité sociales sont intimement liés, indissociables, en fait, et si rien n'est fait, nous courrons à la catastrophe sur les deux fronts.

Son livre ressemble à un appel à une révolution nouveau genre, pacifique, soit, mais radicale et essentielle, et qui pourrait s'énoncer comme suit: « Peuples de tous les pays, réveillez-vous avant qu'il ne soit trop tard. Une oligarchie minoritaire, hyper-riche et puissante, ne fait que travailler à accroître sa fortune, aux dépens des classes laborieuses, mais aussi de la planète.

On peut vraiment parler ici de crise historique. Jamais dans l'espèce humaine on n'a atteint cette situation de dégradation des écosystèmes et de la biosphère qui est très impressionnante. — Hervé Kempf

La surconsommation érigée en système

Dans un argumentaire résolument anticapitaliste, implacable, et étayé par la pensée d'intellectuels de haut niveau de tous les pays comme Hubert Reeves et Patrick Viveret, le journaliste environnemental dresse en premier lieu un portrait sombre de l'état de la terre, des eaux, du climat, de la pollution, point par point.

Il explique ensuite que, partout, ce sont les pauvres qui font les frais de la dégradation environnementale, eux qui s'appauvrissent toujours plus alors que les oligarques cumulent toujours plus. « Non seulement cela, dit Hervé Kempf, mais cette minorité impose ses règles de surconsommation aberrante à l'ensemble d'une population qui tente vainement de se hausser à son niveau. »

Patrick Viveret, Collectif pour une nouvelle approche de la richesse

L'hyper-richesse est un « trouble à l'ordre public », dit Patrick Viveret, qui décrit précisément l'effet dissolvant sur les liens sociaux de la « démesure » des nouveaux capitalistes. Il rappelle le caractère illicite des paradis fiscaux, et prône le RMA (Revenu maximal acceptable) pour remettre la société sur ses pieds.

Les pauvres, premières victimes de la pollution

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En entrevue à Radio-canada.ca



« Et pendant ce temps-là, dit-il, les pauvres vivent dans les zones polluées, que ce soit dans les bidonvilles de Calcutta, les banlieues-dortoirs de Paris ou les ghettos nord-américains ». Et les riches, précise-t-il, sont de plus en plus coupés de la pauvreté et de la pollution, abrités qu'ils soient dans de magnifiques îlots urbains ou des paradis artificiels fermés à clef.









Retricoter le tissu social

La terre vue des airs

Cette fracture sociale a une multitude de conséquences, explique encore Hervé Kempf lors de sa visite à Montréal. Outre la dégradation de notre milieu de vie, elle se traduit par un affaiblissement du lien social entre les individus, chacun se retrouvant seul, coupé de son réseau de soutien, dans sa course à la consommation et à l'ascension sociale.

LES CANADIENS PENSENT QUE CE SONT LES ENTREPRISES QUI DICTENT LES LOIS EN MATIÈRE D'ENVIRONNEMENT
Près de 40 % des Canadiens pensent que le gouvernement est d'abord influencé par l'industrie lorsque vient le temps de légiférer sur l'environnement. C'est ce que montre un sondage effectué par Environnement Canada.

Parlant d'un capitalisme devenu fou, l'auteur évoque des solutions, qui se rencontreront certainement de vives résistances, puisqu'elle supposent un partage de la richesse.

Hervé Kempf, dans la foule d'autres intellectuels et scientifiques, préconise un frein à la consommation (moins consommer, mieux s'amuser). On parle aussi ici d'imposer un revenu maximal à tout individu pour que se rétrécisse l'incroyable écart entre les plus pauvres et les plus riches.

La solution est de moins consommer matériellement et aussi moins d'énergie, tous ensemble, mais on ne pourra le faire que si les plus riches fournissent un effort substantiel. — Hervé Kempf

Utopie?

Cette révolution est-elle une utopie? « Je pense que les sociétés sont prêtes au changement », estime Hervé Kempf, qui souligne que, partout, l'inquiétude est vive sur la question environnementale.

Au moment où en France comme au Canada, des campagnes électorales donnent l'occasion de soulever toutes ces idées, Hervé Kempf est optimiste: le changement de mentalité ne se fera pas du jour au lendemain, mais à force d'en parler, l'idée d'un nouveau contrat social et environnemental fera son chemin.

Hervé Kempf est en tournée de conférences et participe au Salon du livre de Québec.

Pour consulter son horaire

Comment les riches détruisent la planète
Hervé Kempf
Seuil

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