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Cinéma Prix Jutra

Fernand Dansereau à l'honneur

Mise à jour le mercredi 21 janvier 2009 à 8 h 23

Fernand Dansereau

Photo: © Jean Demers

Fernand Dansereau

Le conseil d'administration de La soirée des Jutra a décerné à l'unanimité son prix Jutra-Hommage à Fernand Dansereau. Le prix lui sera remis le 29 mars prochain pour la 11e Soirée des Jutra, présentée sur les ondes de Radio-Canada.

Né en 1928 à Montréal, Fernand Dansereau entame sa vie professionnelle dans le journalisme, comme chroniqueur syndical au quotidien Le Devoir. Il en sera mis à la porte cinq ans plus tard, avec quelques collèges qui avaient appuyé la grève des typographes et refusé de franchir les piquets de grève.

Aussitôt, l'Office national du film (ONF) vient le chercher. Fernand Dansereau embrasse alors une carrière à laquelle il n'avait jamais songé, au moment où le cinéma québécois entre en ébullition, avec la création d'un secteur français de l'ONF dans la foulée de son déménagement d'Ottawa à Montréal.

Avide de saisir la société sur le vif, de jeunes cinéastes tournent leurs caméras vers le quotidien de leurs compatriotes québécois, s'intéressent à leurs conditions de travail, observent d'un oeil fraternel leurs moments de joie, ceux de désarroi.

Fernand Dansereau occupe le poste de producteur exécutif, puis de directeur adjoint à la production dans les années 60, tandis que sortent de l'ONF des oeuvres fondatrices du cinéma québécois, comme Golden gloves, de Gilles Groulx, et Pour la suite du monde de Pierre Perrault.

Dans un documentaire hommage produit par l'ONF intitulé Bienvenue chez Fernand Dansereau, il confie avoir exercé tous les métiers liés au cinéma dans le seul but de mieux maîtriser le métier qui lui tient à coeur.

Je me suis considéré très tôt comme un cinéaste, pas comme un réalisateur, un scénariste ou un producteur.

— Fernand Dansereau

En 1966, il réalise le court métrage Ça n'est pas le temps des romans, qu'il considère comme son plus réussi. Monique Mercure y incarne une femme qui fait le point sur sa vie amoureuse et familiale.

En 1968, laissant libre court à son goût de l'engagement social, il se lance dans le long métrage d'enquêtes. Il promène sa lentille sur le microcosme ouvrier de Saint-Jérôme, où le chômage fait des ravages.

J'ai abordé ça comme une recherche au niveau de la conscience, prendre conscience de ce qui se passe en dehors des théories.

— Fernand Dansereau, Bienvenue au cinéma

Fernand Dansereau quitte l'ONF en 1970 pour créer la société In-Media, réunissant des artistes, des musiciens et des cinéastes, vaste exercice d'animation culturelle à une époque de grands bouleversements. En sortira notamment Faut aller parmi l'monde pour le savoir (1971), qui participera au Festival de Cannes en 1972.

Dans les années 1980, il fait un passage réussi du côté de l'écriture du téléroman:
Le parc des braves, Les filles de Caleb et Shehaweh.

En 1982 sort Doux aveux, un long métrage sur le conflit des générations. Vingt-cinq années passeront avant que ne sorte son long métrage suivant, La brunante, où Fernand Dansereau retrouve, 40 ans plus tard, le personnage créé pour Monique Mercure.

Humble, mais fraternel, il adressait dans Bienvenue chez Fernand Dansereau ce conseil à la relève:

« C'est des métiers très exigeants, il y a énormément d'insécurité. [...] Il faut apprendre à ne pas avoir peur du doute, qu'il n'y a pas de création valide sans doute. En général, si tu te poses la question, c'est que tu as ce qu'il faut. »

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