Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Cinéma

Mise à jour le mercredi 9 novembre 2005 à 7 h 52
Envoyer à un ami

Prix

Les vies internationales de Manners of Dying, avec Roy Dupuis

Manners of Dying, premier long métrage du cinéaste québécois Jeremy Allen, mettant en vedette Roy Dupuis, vient de récolter deux récompenses lors de la 11e édition du festival Cinéma tout écran, qui se tenait à Genève, en Suisse, du 31 octobre au 6 novembre.

Le film, sélectionné en compétition internationale, a obtenu une mention spéciale du jury international ainsi que le prix du jury jeunesse.

Tournée des festivals
Depuis sa sortie au Québec au printemps dernier, Manners of Dying (L'exécution) a été présenté dans de nombreux festivals internationaux, notamment en Inde, en Chine, à Taiwan, en Australie et au Luxembourg. En janvier prochain, le film sera présenté au festival international de Fajr, en Iran.

Un film intense
Lors de la sortie du film, en février 2005, Roy Dupuis indiquait que son rôle de condamné à mort a été le plus exigeant de sa carrière. « C'est probablement le personnage le plus intense au niveau physique, émotif, intellectuel », raconte l'acteur de bientôt 42 ans, reconnu pour son jeu total, qui a pourtant eu son lot de rôles exigeants. Rappelons seulement celui, incarné tant sur scène qu'au grand écran, du jeune prostitué fou d'amour de Being at home with Claude. Dans Manners of dying (L'exécution, en français), Roy Dupuis devient Kevin Barlow, condamné qui meurt huit fois, de façon différente. Un scénario et une structure pas banals qui l'ont séduit, adaptation astucieuse d'une nouvelle de l'auteur montréalais Yann Martel (L'histoire de Pi).

Dernier condamné à mort
Tout un défi pour un acteur, aussi talentueux soit-il, que d'apprivoiser et de personnifier un personnage aussi délicat. « C'est pas juste mourir. C'est quelqu'un qui sait qu'il marche vers la mort », explique le lauréat du Jutra 2005 du meilleur acteur, pour illustrer l'univers mental dans lequel il s'est immergé. Roy Dupuis a réussi à rencontrer le dernier condamné à mort du Canada, Réal Chartrand. « Il a vécu trois jours de sa vie où il était censé mourir, le soir. » L'énergie, et non l'histoire particulière, de ce survivant d'une pratique révolue de ce côté-ci de la frontière l'a nourri, dit-il. « Dans certaines scènes, il faut plonger, tout simplement. »

Contre la peine capitale
La préparation et le tournage du film n'ont fait que renforcer les positions de Roy Dupuis, nettement contre la peine de mort. « Avant le film, j'étais contre. Mais je ne m'étais pas vraiment posé toutes les questions », réalise Roy Dupuis. Sur le plateau, l'acteur a eu l'occasion de jouer - et d'échanger - avec un policier à la retraite, un autre toujours en service et un ancien gardien de prison. « Ça a précisé ma position », a-t-il constaté, plus abolitionniste que jamais. « C'est prouvé que dans les États américains où il y a la peine de mort, ce n'est pas là qu'il y a le taux de criminalité le plus bas, dit-il. C'est souvent l'inverse. Ça engendre un cercle de violence. »