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Plus Tableaux de Max Stern

Exposition à Montréal

Mise à jour le jeudi 21 mai 2009 à 13 h 48

Photo: Courtoisie de l'Université Concordia

Jeune Fille des monts Sabins

La « Jeune Fille des monts Sabins » aura mis 72 ans à reparaître en public.

Ce tableau de Franz-Xaver Winterhalter avait disparu en novembre 1937 quand les nazis avaient forcé le marchand d'art et collectionneur Max Stern à « vendre » 228 toiles à la maison allemande Lempertz.

Cette opération est connue depuis sous l'appellation de « vente des juifs ».

La toile a été dévoilée mercredi au Musée des beaux-arts de Montréal, avec six autres oeuvres ayant appartenu à Max Stern.

On l'avait restituée à ses propriétaires légaux au début du mois.

Montréalais d'adoption, le collectionneur avait choisi trois universités comme légataires de sa collection:

  • l'Université Concordia
  • l'Univeristé McGill
  • l'Université hébraïque de Jérusalem

Sept tableaux en cinq ans

En cinq ans de recherches, le Max Stern art restitution Project a récupéré sept tableaux.

L'une d'eux, intitulé Saint Jérôme dans son ermitage, est attribué au peintre baroque italien Ludovico Carracci (1555-1619).

Photo: Courtoisie de l'Université Concordia

Saint Jérôme dans son ermitage, de Ludovico Carracci

Son propriétaire, Richard Feigen, lui-même collectionneur et marchand d'art, l'a restitué spontanément après avoir entendu parler de la rétrocession d'un autre tableau.

C'est après avoir entendu parler du Joueur de cornemuse que j'ai fait le lien entre le Carracci et la vente forcée de 1937. Je n'ai pas hésité un seul instant avant de restituer l'oeuvre.

— Richard Feigen, marchand d'art

Le Joueur de cornemuse

Deux semaines plus tôt, le 22 avril, Le Joueur de cornemuse, oeuvre d'un maître flamand datée de 1632, avait été rendu aux trois universités légataires.

Peter J. Smith, agent spécial responsable du ICE Office of Investigations, à New York, avait alors salué la décision de la Cour d'appel américaine au sujet du tableau de Jeune fille des monts Sabins, en faveur des universités héritières de Max Stern.

Selon lui, cette décision a changé la manière de traiter les oeuvres d'art pillées.

Il avait remercié Richard Feigen pour avoir rendu Saint Jérôme dans son ermitage.

<i>Aimée, une jeune Égyptienne</i> (détail), d'Émile C.H. Vernet-Lecomte (1821-1974)

Photo: Courtoisie de l'Université Concordia

« Une jeune Égyptienne » (détail), d'Émile C.H. Vernet-Lecomte (1821-1974)

Malheureusement, le grand public ne pourra admirer que trois des tableaux restitués, au Musée des beaux-arts de Montréal à compter de ce jeudi, soit :

  • Jeune Fille des monts Sabins,
  • Saint-Jérôme dans son ermitage
  • Aimée, une jeune Égyptienne

Max Stern

Max Stern est né en Allemagne en 1904. Fils d'un galeriste, il étudie l'histoire de l'art en Angleterre et en France, où il décroche un doctorat. Il doit fuir la montée de l'antisémitisme dans son pays d'origine. Il arrive à Montréal en 1941, où il devient directeur de la Galerie Dominion, avant de s'en porter acquéreur en 1947. Il fait de la Galerie Dominion un lieu commercial important, où exposent de nombreux artistes canadiens et étrangers. Max Stern meurt à Paris en 1987.

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