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Le retour de Pol Pelletier

Mise à jour le lundi 1 décembre 2008 à 10 h 05

Un texte de Lili Marin

Pol Pelletier

Photo: Christian Côté

Pol Pelletier au micro de Christiane Charette, au printemps dernier

Après avoir fermé son Dojo et s'être exilée en France, Pol Pelletier revient à Montréal pour célébrer les 20 ans de sa méthode de transformation et pour lancer son École sauvage.

La femme de théâtre se dit « très forte en ce moment », elle qui a vécu un « burn-out gigantesque » en 2001 lors des déboires financiers qui ont mené à la fermeture de son lieu d'entraînement pour acteurs.

Trois années en Bretagne lui auront permis de créer un nouveau spectacle, Une contrée sauvage appelée Courage, et de développer un nouveau concept artistique, celui de la « sauvagerie ». Il s'inscrit en continuité avec sa quête d'authenticité.

Comment peut-on reconnaître le vrai élan du coeur, le vrai élan du corps?

— Pol Pelletier

La nouveauté, c'est qu'elle ouvre maintenant ses ateliers au grand public. Elle parle de « donner de la présence » et de « toucher à la puissance » en chacun. « Ça prend une très grande férocité pour aller au bout de soi, remarque-t-elle, précisant que cela n'a rien à voir avec la violence incontrôlée. C'est au-delà des forces de la vaste majorité des êtres humains. »

Pol Pelletier a épuisé les siennes à force de donner sans compter, à penser que l'argent allait forcément suivre. Elle ne fait pas de son histoire un cas à part, même si elle juge que le Québec est dur avec ses artistes. Elle se compare plutôt à toutes ces femmes qui travaillent en enseignement ou dans les soins de santé et qui, dans la cinquantaine, « frappent un mur ».

Il y a quelque chose dans notre monde qui vide, particulièrement dans les professions fondées sur le don, essentiellement féminines.

— Pol Pelletier

Celle qui a cofondé le Théâtre expérimental des femmes, en 1979, considère toujours que les théâtres sont très patriarcaux et qu'il faudrait beaucoup plus de féminin dans l'art et dans la société. « Le féminin, c'est l'irrationnel, l'inconscient [...] C'est ce qui fait le plus peur aux êtres humains. » La féministe qu'elle est ne reçoit plus de soutien de l'État depuis plusieurs années déjà.

Pol Pelletier refuse néanmoins de se ranger. « Dans les années 70, on était tous des chialeux, se souvient-elle, regrettant que plusieurs soient rentrés dans le rang dans le courant des années 80-90. Les artistes veulent maintenant être comme tout le monde, être respectables, avoir accès à une retraite. Or, comment peux-tu proposer autre chose si tu fais les mêmes choses que tout le monde? »

Pol Pelletier

Photo: Jette Bastian

Pol Pelletier

Originale, sa pédagogie n'a pourtant jamais été appuyée par les gouvernements, bien qu'elle ait rejoint plus de 1000 artistes de la scène de toutes les disciplines, jusqu'au Mexique et jusqu'au Danemark. Elle a pour objectif l'atteinte d'un autre état, altéré, qui permet de parvenir à une perfection esthétique, selon Pol Pelletier.

Elle ajoute que cette transformation, physique et psychique, est de l'ordre du miracle. Elle cite le cas de France Castel, pour qui le Dojo a été salutaire à un moment où elle traversait une période très sombre.

Pol Pelletier fonde beaucoup d'espoir dans sa nouvelle démarche. « L'entraînement à la sauvagerie va peut-être me permettre de survivre. »

Une contrée sauvage appelée Courage

Pol Pelletier a mis deux ans à créer ce nouveau spectacle solo, dans lequel elle raconte la colonisation et son admiration pour ses ancêtres. Il s'agit d'un cabaret, dans lequel elle chante et elle danse aussi. Ses références musicales: Bessie Smith et Fréhel. La version qu'elle a présentée en France durait 1 h 20, mais l'intégrale ferait 8 heures.

Pol Pelletier recherche toujours une salle pour le montrer à Montréal, peut-être au printemps. Sinon, elle n'envisage pas de jouer d'autres textes. « C'est très rare qu'on écrive quelque chose qui m'intéresse. » L'actrice ne veut jouer que des oeuvres qui sont pour elles des questions de vie ou de mort. La seule auteure qui lui vient en tête, c'est Jovette Marchessault, littéralement absente des planches montréalaises depuis l'an 2000.

audio-vidéo Émissions
Pol Pelletier, artiste en renaissance

Christiane Charette - 24 avril 2008

Le plaisir coupable de Pol Pelletier

Fréquence libre - 24 novembre 2004

Le spectacle d'adieu de Pol Pelletier

Je l'ai vu à la radio - 14 novembre 2004

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Une contrée sauvage appelée courage

Telerama n° 2986 - 07 avril 2007

Soirée Pol Pelletier

Groupe Samajam

Il y a 60 ans: Naissance de Pol Pelletier, femme de théâtre

L'Express - Semaine du 6 novembre au 12 novembre 2007

Atelier sur la présence avec Pol Pelletier

École Samajam

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