Véhicules moins polluants : la Norvège établit un record

Un Norvégien recharge sa voiture électrique. Photo : Reuters/Reuters Staff

Alors qu'au Québec la norme véhicules zéro émission (VZE) entre en vigueur le 11 janvier prochain pour encourager l'achat de véhicules moins polluants, en Norvège, les véhicules électriques ou hybrides ont constitué plus de la moitié des ventes de voitures neuves l'an dernier, faisant de ce pays nordique l'un des pionniers mondiaux de l'électrification des transports.

D’après des statistiques publiées mercredi par le Conseil d'information sur le trafic routier de la Norvège (OFV), les ventes de voitures entièrement électriques et à hydrogène ont remporté une part de marché de 20,9 % des ventes de véhicules neufs l’an dernier dans le pays.

À cela s’ajoutent les ventes de véhicules hybrides, c’est-à-dire rechargeables ou à très faible consommation d’essence, qui ont récolté 31,3 % des parts de marché, selon les chiffres de l'OFV.

En tout, les véhicules dits propres ont représenté 52,2 % des ventes de véhicules neufs dans le pays l’an dernier, ce qui fait de la Norvège le leader mondial de l'électrification du transport routier.

En 2016, les voitures zéro émission et hybrides avaient respectivement représenté 15,7 % et 24,5 % des nouvelles immatriculations dans ce pays du nord de l'Europe.

Des bornes de recharge de véhicules électriques en Norvège.   Photo : Jean-François Bélanger

Une nette longueur d'avance

En comparaison, au Québec, les ventes de véhicules électriques neufs n’ont pas dépassé 2 % en 2017, selon les chiffres de l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ). En France, les ventes de véhicules électriques ont été de 1,2 % et de 3,8 % pour les hybrides en 2017.

Paradoxalement, en plus d’afficher le taux d’électrification des transports parmi les plus élevés du monde, la Norvège est le plus gros producteur de pétrole de l’Europe de l’Ouest. Ce qui n’a pas empêché Oslo de se fixer l’objectif ambitieux de ne plus vendre de voitures neuves à moteur thermique à partir de 2025.

De réelles mesures d'encouragement

Le pays se donne aussi les moyens de ses ambitions en taxant plus lourdement les véhicules polluants, tandis que les véhicules propres bénéficient de réels avantages fiscaux qui rendent l’achat de ces véhicules plus intéressant.

Par exemple, les propriétaires de véhicules électriques sont exemptés de péages routiers, de tarifs de traversiers et de frais de stationnement dans les lieux publics. Ils peuvent aussi utiliser les voies réservées aux autobus.

Entrée en vigueur de la norme véhicules zéro émission (VZE) au Québec

Pendant ce temps au Québec, où le nombre de véhicules propres augmente lentement sur les routes, le gouvernement du Québec mettra en place d'ici quelques jours la norme véhicules zéro émission (VZE) pour inciter les constructeurs à vendre davantage de véhicules propres dans la province.

Il s'agit d'un système par lequel les constructeurs automobiles accumulent des crédits lorsqu'ils vendent des véhicules zéro émission ou à faibles émissions, comme les véhicules électriques.

Les constructeurs qui n'atteindront pas leur objectif pourront soit acheter les crédits des autres constructeurs, soit payer une redevance au gouvernement. La pénalité sera de 5000 $ par crédit manquant.

Les revenus ainsi accumulés seront versés au Fonds vert, qui permet de financer des projets de lutte contre les changements climatiques.

Une borne de recharge pour les voitures électriques Photo : Radio-Canada/Philippe Marcoux

Les petits constructeurs, soit ceux qui vendent moins de 4500 véhicules par an, comme Volvo et Tesla, ne seront pas assujettis à la norme. Mais ils pourront vendre les crédits qu'ils auront accumulés à d'autres constructeurs qui en auront besoin pour atteindre leurs objectifs.

En 2018, le pourcentage de crédits exigé d'un constructeur sera de 3,5 % en fonction de ses ventes de véhicules légers. Ce pourcentage augmentera d'année en année. Québec a bon espoir d’atteindre sa cible.

En octobre 2015, dans son Plan d'électrification des transports, le gouvernement du Québec s'était donné comme objectif de vendre 100 000 véhicules électriques d'ici 2020. Le Québec en compte aujourd'hui 24 000, selon le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.