Une adolescente crée une application pour revitaliser une langue autochtone

Tessa Erickson Photo : CBC/Jordan Tucker

Une adolescente de Prince George lancera dans les prochaines semaines une application mobile et un camp d'été pour revitaliser le dakelh, une langue parlée par des Autochtones du centre de la Colombie-Britannique.

Tessa Erickson, 15 ans, est membre de la Première Nation de Nak'azdli Whut'en. En grandissant, dit-elle, elle entendait son père lui parler de temps en temps dans le dialecte nak'azdli de la langue dakelh, même si elle ne le parlait pas couramment.

« C'était vraiment bien parce que je pouvais dire des choses à mon père et personne ne savait vraiment ce que ça voulait dire, mais c’est un peu triste en même temps », souligne-t-elle.

L'adolescente, qui étudie au secondaire, s'est renseignée sur les pensionnats et sur la façon dont les membres plus âgés de sa famille se sont vu interdire de parler leur langue. Aujourd'hui, peu de membres de sa communauté la parlent couramment.

« Nous avions perdu cette partie de nous-mêmes », dit Tessa Erickson.

Cette année, elle a décidé qu'elle voulait que les choses changent. Avec ses parents, elle a demandé une bourse à son conseil de bande pour créer une application et un camp d'été pour aider d'autres jeunes à parler le dakelh. Elle a reçu 50 000 $ et en est aux premiers stades de création de l’application.

Elle espère que son application sera prête dans les prochaines semaines pour que les jeunes puissent commencer à apprendre des mots de base et la structure des phrases. Ils pourront ensuite participer au camp où des aînés et des conférenciers formés leur enseigneront la langue.

Tessa envisage également de payer des leçons de codage aux membres du conseil de bande, afin qu'ils puissent exploiter et mettre à jour l'application.

Pendant ce temps, l’adolescente travaille à parler couramment le dakelh en discutant avec des aînés. Elle s’est également inscrite à un cours de langue dakelh au College of New Caledonia, à Prince George.

Tessa Erickson souligne qu'il est important d'apprendre la langue pendant que les aînés de sa communauté sont encore vivants.

« Le fait de faire revivre la langue pourrait vraiment aider les gens de notre communauté à nous unir culturellement, à nous rendre plus forts, et à aider d'autres communautés », estime-t-elle.

Elle espère que d'autres jeunes la suivront dans sa mission. « Nous sommes l'avenir, c'est à nous de décider », dit-elle.