Valérie Plante crée un groupe pour lutter contre les discriminations

La nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, a présenté les membres de son comité exécutif. Photo : Radio-Canada/CBC/Lauren McCallum

Exclusif - Pour répondre aux critiques concernant le manque de diversité au sein de son administration, la mairesse de Montréal crée une table de réflexion pour lutter contre les discriminations regroupant des membres de la société civile, a appris Radio-Canada.

Un article de Bahador Zabihiyan

Valérie Plante met en place un groupe composé d’une quinzaine de personnalités qui se penchera sur la question des discriminations en général et de la diversité dans les instances dirigeantes de la Ville en particulier.

Selon nos informations, la Ville veut aussi trouver des solutions pour aider les membres des communautés culturelles à Montréal dans l’accès au logement.

La « Table de réflexion sur la diversité et la lutte aux discriminations à la Ville » de Montréal formulera d’ici un an des recommandations pour voir s’il faut améliorer la représentativité des minorités visibles dans les instances et la fonction publique municipale.

Le groupe sera notamment présidé par un membre du Cabinet de la mairesse et un membre du comité exécutif.

Les recommandations du groupe seront adressées directement à la mairesse d’ici décembre 2018, et celle-ci s’engage à les mettre en place avant la fin de son mandat.

L'opposition pas convaincue

Le chef de l’opposition, Lionel Perez, estime que la mise en place de ce groupe est inutile, car il existe déjà un conseil interculturel qui a émis des recommandations pour améliorer la diversité et lutter contre les discriminations dans la métropole. « Il y a déjà un conseil interculturel qui relève du conseil municipal et qui a déjà émis plusieurs avis sur les difficultés, plusieurs recommandations », a dit M. Perez.

Il est temps d’agir, ce n’est pas le temps d’avoir plus de discussions encore.

Lionel Perez, chef de l'opposition

Un comité en réaction aux critiques

Projet Montréal a été critiqué par plusieurs, car le parti compte peu d’élus issus des communautés culturelles. Un ex-candidat du parti de Mme Plante, Balarama Holness, s'en est pris avec véhémence à Projet Montréal. Il a accusé le parti de « racisme systémique » et il a indiqué qu’il comptait déposer une plainte devant le Tribunal des droits de la personne et la Cour supérieure du Québec.

Une compilation de Radio-Canada en 2016 indiquait que 6 % des employés de la Ville de Montréal étaient issus des minorités visibles.

De son côté, Projet Montréal avait rejeté ces accusations. Joint par téléphone, M. Holness indique ne pas avoir été contacté par l’entourage de la mairesse pour faire partie de la table de réflexion, mais il applaudit l’initiative.

J’espère que cette table ronde mènera à [...] propositions spécifiques pour des solutions concrètes qui réduisent les discriminations et qui feront la promotion de l’inclusion socioculturelle [...] de tous les Montréalais

Balarama Holness, ancien candidat de Projet Montréal

Qui sera invité à y participer?

La liste des membres du groupe de réflexion n’a pas été rendue publique, mais Haroun Bouazzi, de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec, en fera partie. M. Bouazzi dénonce depuis plusieurs années « le racisme systémique » dont sont victimes, selon lui, les minorités visibles au Québec.

Il voit d’un bon oeil l’idée de Mme Plante. Il espère que les recommandations futures seront prises en compte par la mairesse pour lutter contre les discriminations à Montréal. « Il ne faut pas juste des rencontres pour se taper sur l’épaule et dire qu’il y a de la communication [...] Je reste optimiste », dit M. Bouazzi, en entrevue avec Radio-Canada.

Par ailleurs, des groupes dénoncent régulièrement le profilage racial dont ferait preuve le Service de police de la Ville de Montréal. Cependant, cet enjeu ne fait pas partie de ceux qui seront abordés en priorité par la table de réflexion, déplore Haroun Bouazzi.