De nouvelles mesures pour aider les patients orphelins à trouver un médecin

Depuis le début de l'offensive de prise en charge en 2014, 900 000 Québécois se sont trouvé un médecin de famille. Photo : iStock

Exclusif - Les médecins de famille auront un nouvel outil pour inscrire plus rapidement les patients orphelins. Le ministre de la Santé du Québec Gaétan Barrette et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec feront aujourd'hui une annonce conjointe pour détailler ces mesures.

Un texte de Davide Gentile

Baptisée « la grande inscription », l'initiative vise à permettre l'inscription en bloc de patients. Depuis le début de l'offensive de prise en charge en 2014, 900 000 Québécois se sont trouvé un médecin de famille.

Malgré tout, les omnipraticiens risquent de rater la cible d'inscription établie par la loi 20. D'ici le 31 décembre, 85 % des Québécois doivent avoir un médecin, alors qu'actuellement ce taux serait d'environ 78 %. En cas d'échec, des sanctions financières sont prévues, ce qui explique l'empressement des médecins à tenter d'atteindre l'objectif.

Selon nos informations, « la grande inscription » prévoit que des médecins pourront obtenir des blocs de patients orphelins issus du guichet d'accès à un médecin de famille. On prioriserait les nouveaux médecins qui n'ont pas encore pu bâtir de clientèle. Ces « nouveaux facturants » pourraient ainsi hériter de blocs de patients sans avoir à les voir à court terme, contrairement à ce qui est la norme.

La majorité des gens qui sont toujours en attente au guichet d'accès ne sont pas des patients dits « vulnérables » et n'ont donc pas un besoin urgent de voir un médecin. La mesure permettrait tout de même à ces patients de se greffer à une clinique qui assurerait leur suivi médical en cas de besoin.

Ce système vise non seulement à permettre d'atteindre un taux d'inscription de 85 %, mais aussi à le maintenir. On demandera aux médecins qui partent à la retraite de le signifier avant le début de l'été chaque année. Leurs patients pourraient ainsi être redirigés vers les nouveaux médecins. Des « blocs » de patients de médecins qui partent à la retraite et d'autres issus du guichet seraient donc distribués aux nouveaux docteurs chaque automne.

Un retard difficile à rattraper

Des cibles qui augmentent progressivement ont été établies depuis l'instauration de la loi en 2014. Et les omnipraticiens sont légèrement en retard depuis le départ sur les objectifs du gouvernement. Au 31 mars, par exemple, 75,4 % des Québécois avaient un médecin de famille, alors que la cible établie était à 77 % pour cette date.

Les taux d'inscription varient grandement d'une tranche d'âge à l'autre, étant très élevés chez les aînés et bas chez les 18 à 49 ans. Le problème touche aussi certaines régions plus que d'autres. Des endroits comme le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay Lac-Saint-Jean et Chaudière-Appalaches ont depuis des mois dépassé la cible de prise en charge de 85 %. Mais d'autres comme la Montérégie et l'île de Montréal sont loin du compte. Il semble peu probable que 85 % des citoyens y aient un médecin de famille d'ici la fin de l'année.

Début juin, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens estimait qu'appliquer les sanctions à la fin de l'année serait insensé compte tenu des importants progrès réalisés depuis deux ans. « Si on arrivait à 82 % au lieu de 85 %, on devrait attendre qu'on termine le travail. Si ce n'est pas le 31 décembre, ce sera en mars ou juin », disait Louis Godin.

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette répète depuis des mois qu'il n'a pas l'intention de déroger aux objectifs et aux sanctions prévues.