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Rédactrice Internet : CAROLINE PAULHUS


LA TRAGÉDIE DES ÉBOULEMENTS,
CINQ ANS PLUS TARD

Émission du 11 octobre 2002

réalisateur : JEAN-THOMAS BÉDARD
production : ONF


En une seule journée, le 13 octobre 1997, la municipalité de Saint-Bernard de Beauce a perdu 44 de ses habitants. Partis en voyage au Québec, ils sont morts aux Éboulements, victimes de la pire tragédie routière de l'histoire du Canada. Les voyageurs se connaissaient tous, car ils venaient de la même communauté et même, dans plusieurs cas, de la même famille. Cinq ans plus tard, les familles des victimes racontent comment elles ont réussi à se sortir de ce voyage inachevé.

 

On veut se souvenir

« L'arbre, en tombant, fait beaucoup de bruit.
Mais on n'entend pas la forêt qui repousse. »

- proverbe africain -

« Il faisait beau cette journée là, c'était le 13 octobre, puis moi je me préparais à aller ramasser des feuilles avec les enfants », raconte la fille d'un couple décédé dans l'accident. Lorsqu'elle a appris que l'autobus qui était tombé dans le ravin était bien celle qui devait conduire ses parents à l'Île-aux-Coudres, elle n'arrivait pas à y croire. « Je disais : c'est impossible, ça se peut pas, mes parents étaient dedans… les parents d'Alain (son conjoint) étaient dedans… » Mais il s'agissait bien de cet autobus. Du coup, ses enfants ont perdu leur quatre grands-parents.

Rapport du coroner Luc Malouin

La fin de semaine de l'Action de Grâces, un autocar de la compagnie Mercier transportait 47 membres d'un club de l'âge d'or de la localité de Saint-Bernard vers l'Île-aux-Coudres pour une célébration. Mais arrivée à la pente extrêmement abrupte qui mène aux Éboulements, à Saint-Joseph-de-la-Rive, les freins, défectueux, n'ont pas réagi. L'autocar a défoncé le garde-fou et s'est échoué sur le côté dans un précipice profond d'une dizaine de mètres. Seuls quatre personnes ont survécu.

Plus d'un an après la tragédie, le coroner Luc Malouin, chargé de l'affaire, a proposé quatre recommandations pour qu'un tel événement ne se produise plus. D'abord, il suggère que le contrôle routier soit transféré de la SAAQ à la Sûreté du Québec. Ensuite, il demande que le ministère des Transports soit directement responsable de toute la législation touchant les véhicules lourds, notamment en ce qui concerne les règles sur les heures de conduite et sur les normes de sécurité des véhicules routiers. Il recommande aussi d'allouer des budgets supplémentaires à la Commission des transports pour qu'elle puisse engager le personnel requis pour une application rigoureuse des lois. Et finalement, il demande au chauffeur d'utiliser leur frein moteur pour les véhicules lourds lorsqu'ils empruntent des côtes à risque.

Le coroner a aussi mentionné l'intérêt de poursuivre les études sur le port de la ceinture de sécurité dans les autobus, un sujet toujours peu populaire.

« Jean-Marie (une des victimes) fréquentait la servante du curé. Il était tout transformé par cette rencontre. Je voyais tous les jours passer sa voiture devant ma porte et tourner dans la rue en face pour voir son amie Irène. Tout semblait bonheur. Ils sont maintenant réunis dans l'éternité », partage une citoyenne de St-Bernard, avec une pointe de tristesse. Malgré tout, la tristesse fait partie de plus en plus du passé et les villageois regardent vers l'avenir.

Toutefois, même si la vie reprend à St-Bernard, que les repas à la cabane à sucre et les parties de pêches ont repris leur entrain d'avant la tragédie, son histoire reste marquée. Et les gens du village n'ont pas l'intention de tout faire pour oublier ce qui s'est passé. Au contraire, ils veulent transmettre l'héritage spirituel des disparus à leur jeune génération.

« Ce sont des personnes qui sont parties en voyage. Moi je le prends comme ça. Sont encore en voyage! (…) On continue… sont pas là, mais ils sont là! », s'encouragent un groupe de pêcheurs. Des cinq couples qu'ils étaient avant la tragédie, trois étaient malheureusement à bord de l'autobus.

 

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images : YOAN CART ET MICHEL LAMOTHE
son : CLAUDE HAMEL
montage : PATRICIA VERGEYLEN-TASSINARI

 

PROFIL SOCIO-ÉCONOMIQUE DE SAINT-BERNARD

L'économie est essentiellement axée sur l'élevage et sur la production laitière. Près de 99 % de la superficie du village, qui est de 8936 km2, est rural. La rivière Chaudière, au nord-est de la localité, permet le dévelop-pement d'activités récréo-touristiques.

Quelque 2 060 personnes habitent à Saint-Bernard et de ce nombre, presque le tiers ont moins de 18 ans.

(source : Municipalité de la Nouvelle-Beauce )


POUR EN SAVOIR PLUS

Le voyage inachevé
(résumé du documentaire avec notes biographiques sur le cinéastre)

Tragédie des Éboulements
(rapport du coroner Luc Malouin-en version PDF)

 

L'émission Zone Libre est diffusée sur les ondes de Radio-Canada le vendredi à 21 h et présentée en rediffusion sur les ondes de RDI le samedi à 23 h, le dimanche à 13 h et à 20 h ainsi que le lundi à 1 h.