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- La nourriture des cafétérias scolaires -
Depuis quelques années, on constate une augmentation importante de l’obésité chez les jeunes. En fait, on estime qu’un enfant québécois sur quatre a des problèmes d’embonpoint ou d’obésité.

Selon Paul Boisvert, directeur de la chaire de recherche sur l’obésité de l’Université Laval, les enfants mangent correctement jusqu’à l’âge de huit ou neuf ans. C’est à ce moment-là, quand ils échappent au contrôle parental, que leurs habitudes alimentaires se gâtent.

Pour mieux savoir ce qu’on offre à nos enfants à l’école, L’épicerie a demandé à la nutritionniste Geneviève O’Gleman d’enquêter sur la qualité de la nourriture des cafétérias d’une quinzaine d’écoles publiques québécoises. Dans certains cas, la cafétéria est gérée par une PME locale, d’autre fois par une multinationale, une coopérative, ou carrément par la commission scolaire.

Un portrait des cafétérias scolaires

Notre but n’était pas de constituer un palmarès des meilleures cafétérias, mais plutôt de brosser un portrait de la situation.

La nutritionniste s’est promenée dans les cafétérias, sans s’annoncer, vérifiant ce que les jeunes choisissaient pour leur repas. Elle a évalué 34 mets différents. Geneviève O’Gleman : « La déception, c’est que 70 % de ces mets-là ne sont pas bien équilibrés. Ils ne respectent pas le guide alimentaire canadien. »

Les deux tiers des menus proposés ne contenaient pas assez de légumes, de fibres, de fruits, et de produits laitiers. Les enfants ne reçoivent donc pas toutes les vitamines et les minéraux dont ils ont besoin. Dans le cas du calcium, par exemple, plus de la moitié des jeunes ne consomment pas les deux portions quotidiennes recommandées par le guide alimentaire canadien.

La nutritionniste a également constaté que la moitié des mets analysés étaient trop gras, et que le tiers étaient trop salés.

Des menus très peu santé

Trois écoles sur 15 offraient à leurs élèves uniquement des menus de repas rapide, tandis que huit autres offraient un choix entre un menu « santé » et un autre constitué de malbouffe. Geneviève O’Gleman a constaté que, dans ces cas-là, la malbouffe était souvent offerte en premier ou était plus facile d'accès.

La malbouffe se déguise parfois en nourriture santé. Ainsi, on pourrait croire qu’une salade césar est un bon choix. Pas si sûr. Geneviève O’Gleman, nutritionniste : « Ce n’est que de la laitue avec beaucoup de sauce, des miettes de bacon et des croûtons. C’est gras, il n’y a pas de protéines, pas de produit laitier, il n’y a pas beaucoup de fibres. Donc, ce n’est pas un menu complet. »

La malbouffe se donne aussi des airs de noblesse en changeant de nom. Mais ce n’est pas parce qu’on appelle les frites « pommes de terre grecque », « julienne » ou « rissolées » qu’elles contiennent moins de gras.


Une politique alimentaire

Dans une des pires cafétérias visitées, le menu se composait de poisson pané, de croquettes de poulet, de poulet pop corn, de bâtonnets de poisson, ainsi que de frites, de poutines et de saucisson de Bologne (baloney).

À peine la moitié des écoles secondaires ont une politique alimentaire; et encore, certaines d’entre elles ne la respectent même pas, selon Paul Boisvert, de la chaire de recherche sur l’obésité de l’Université Laval.

Certaines écoles estiment qu’avoir une politique alimentaire équivaut simplement à ne pas servir de frites. De plus, si le menu est souvent irréprochable sur papier, la réalité est tout autre. Par exemple, dans une école, alors qu’il y avait de la purée de pommes de terre et du riz au menu, on servait en fait des frites. D’après les élèves, c’est une situation qui se présente souvent.

Qui est responsable?

Le ministère de la Santé prépare actuellement une politique alimentaire qui sera présentée au réseau de l’éducation.

Dominique Breton, porte-parole du ministère: «L’idée n’est pas d’arriver avec un cadre rigide et d’imposer aux commissions scolaires des règles formelles, en disant « voici ce que vous devez faire », mais plutôt une approche plus souple pour faciliter l’adhésion à tout ça. »

Cette politique alimentaire globale attribuera probablement la responsabilité finale aux commissions scolaires et aux directions d’écoles. Mais, encore faut-il que les écoles soient disposées à l’assumer.

CHANGER LES HABITUDES ALIMENTAIRES DES ÉCOLIERS

Il y a deux ans, l’école de Rochebelle, dans le quartier Sainte-Foy, de Québec, était montrée du doigt pour son entente de distribution exclusive avec Coca-Cola. Afin de contrer cette mauvaise réputation, le directeur de l’école, Guy Dumais a décidé de s’attaquer aux machines distributrices. Il a demandé conseil à des experts de la chaire de recherche sur l’obésité de l’hôpital Laval.

La direction a réduit le nombre de boissons gazeuses et de jus sucrés offerts aux élèves, ainsi que les tablettes de chocolat et les croustilles. Les produits disponibles en distributrice ont maintenant un code de couleurs attribué par des nutritionnistes: le vert signifie que le produit est recommandable, le jaune que c’est un bon choix, et le blanc, que c’est un produit à consommer occasionnellement.

Un changement bien accueilli

Après les machines distributrices, la direction s’est attaquée au menu de la cafétéria. Ce sont les cafétérias Montchâteau ltée qui gèrent la cafétéria de l’école de Rochebelle. Lyne Plamondon en est la superviseure : « Le grand changement qu’on a apporté, c’est qu’on a éliminé complètement les charcuteries. On ne travaille qu’avec des viandes froides. Alors, on ne trouve plus les sous-marins avec du pepperoni et du saucisson de Bologne, c’est de la dinde et du jambon. On a également éliminé les pépites de poulet et les burgers. »

Les élèves, qui avaient été consultés, ont bien réagi à ce changement. Le bar à salade est très en demande, même si la journée frites, une fois par semaine, est encore extrêmement populaire.

L’approche en douceur de l’école, sans trop bouleverser les habitudes des adolescents, semble avoir bien fonctionné. « L’éducation, ce n’est pas que l’instruction », souligne le directeur de l’école, Guy Dumais.

DÉTERMINATION ET SAINE ALIMENTATION

À l’école Mgr Euclide Théberge, à Marieville, le passage de la malbouffe à la nourriture plus santé s’est fait d’abord pour des raisons économiques. Le directeur de l’école, Michel Grisé, s’est aperçu que la gestion de la cafétéria scolaire était une occasion d’affaires. Des membres de la direction, des employés de l’écoles, des professeurs, des élèves et leurs parents se sont donc regroupés pour créer la coopérative Les horizons.

Michel Grisé : « On contrôle notre nourriture, on a une meilleure nourriture, puis on fait des profits. C’est le bonheur parfait. »

La qualité de la nourriture s’est améliorée et, en plus, les élèves paient leurs repas moins cher. Un menu du jour, avec soupe et dessert, incluant deux choix de salade et une boisson coûte 3 $ pour un membre de la coopérative, et 3,20 $ pour un non-membre.

Changer les habitudes alimentaires des élèves n’a toutefois pas été facile. Lorsque les pogos et les frites ont disparu pour être remplacés par de la salade, les élèves n’étaient pas très enthousiastes. Mais, après quelques explications, ils ont accepté le changement.

La poutine est au menu une journée par semaine, mais les élèves sont encouragés à ne pas en acheter. Lorsqu’ils achètent le repas du jour plutôt que la poutine, ils peuvent participer au concours « Kaput poutine », qui leur permet de gagner des livres, des billets de cinéma ou des disques.

Michel Grisé assure que l’éducation et la communication sont les clés pour réussir : « Si d’autres écoles veulent faire ça, il faut s’assurer que les gens sont prêts à embarquer. Si le directeur d’école veut faire ça tout seul dans son bureau, ça ne fonctionnera pas. Il faut vraiment qu’il y ait la volonté de le faire. S’il y a de la volonté, c’est très motivant de faire ça. »



 [Première partie du reportage]

 [Deuxième partie du reportage]

 [Troisième partie du reportage]

Hyperliens
Vasy
Programme du gouvernement du Québec sur la promotion des saines habitudes de vie

Le point sur l'obésité
Reportage à l'émission Découverte, qui traite, entre autres, de l'obésité chez les enfants

Chaire de recherche en obésité de l'Université Laval



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