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- La satiété -
Pour la plupart d’entre nous, manger est une activité instinctive: nous mangeons quand nous avons faim. Mais, parfois, reconnaître que nous avons assez mangé peut être plus compliqué.

Le mécanisme de la faim

La faim est un besoin physiologique qui se reconnaît à certains signes. « On se sent l’estomac creux, on a des gargouillis, on se sent un peu faible: on sait que c'est de la faim », explique le Dr Denis Richard, titulaire de la Chaire sur l’obésité de l’Université Laval.

Lorsque nous avons faim, notre niveau d’insuline diminue. La diminution de cette hormone, qui contrôle le taux de glucose dans le sang, nous pousse à ingérer de la nourriture.

Dans notre cerveau, différents types de neurones contrôlent la faim, l'appétit, ou encore la satiété. « On les retrouve dans une région qu'on appelle l'hypothalamus, qui est une région très importante dans le contrôle de la prise alimentaire », précise le Dr Richard. Mais, pour que ce système réagisse, il faut lui donner du temps. Si nous mangeons trop rapidement, nous ne recevrons pas ces signaux à temps.

Selon Marie Marquis, professeure au Département de nutrition de l’Université de Montréal, manger un repas en 20 minutes s’avère un temps raisonnable. Or, plus nous réduisons le temps alloué à la consommation d’un aliment, moins nous ressentons les signes de satiété, ce qui entraîne la consommation d’une plus grande quantité d’aliments.

Les enfants en très bas âge sont toutefois très sensibles à ses signaux de satiété. « C'est en vieillissant qu'on vient dérégler ces processus », souligne Marie Marquis.

L’influence du mode de vie

Dans nos sociétés occidentales, nous n’accordons que peu de temps à la prise du repas, qui est devenue la plupart du temps une activité fonctionnelle. À force de ne pas prendre en cause les besoins de l’organisme, certains finissent même par ne plus ressentir leurs signaux de satiété. Plusieurs ne s’arrêtent de manger que lorsque leur assiette est vide!

Marie Watiez est psychosociologue de l’alimentation chez Sésame consultants. Elle explique que nous ne devrions pas ressentir une lourdeur au sortir de la table. « On devrait se sentir juste bien », dit-elle.

Mais, aujourd’hui, tout contribue à brouiller nos signaux de satiété. D’abord, le manque de temps, ensuite, le mode de vie, avec toutes ses distractions et obligations. L’omniprésence de l’offre alimentaire influence aussi nos habitudes. Marie Marquis: « On est dans un rythme effréné où l'aliment est partout, accessible, disponible, et où la décision de manger pour répondre à une faim n'est plus réfléchi. »

Le stress et l’anxiété peuvent également amener des gens à ingérer plus de nourriture riche en énergie. « La nourriture pourrait, dans certaines conditions, être réconfortante », expose le Dr Denis Richard.

Contrôler son appétit

Si les signaux de faim et de satiété sont relativement faciles à détecter, à condition de se donner du temps, il en va autrement de l’appétit. Véritable trouble-fête, l’appétit vient nous tenter en tout temps, ne nous laissant aucun répit.

Il nous arrive parfois d’avoir envie de consommer un aliment en particulier, pour le plaisir du goût ou de la texture. Dr Denis Richard : « Dans le cerveau, on a un système que l’on appelle le système de récompense. C'est ce système qui va nous donner le plaisir. »

Mais pouvons-nous arriver à contrôler notre appétit? Selon Mme Marquis, notre relation à la nourriture est parfois complètement tordue, par exemple dans les buffets, où certains consomment à outrance.

La psychosociologue Marie Watiez croit que l’organisme humain est davantage programmé pour survivre au manque de nourriture qu’à son abondance, ce qui expliquerait notre difficulté à écouter nos signaux de satiété. Mais, lorsque nous y portons attention, nous devrions sentir une certaine saturation, accompagnée d’une baisse du plaisir.

Finalement, il importe donc d’être à l’écoute des signes que nous envoie notre corps, tout en consommant à un rythme raisonnable.




 [Regarder le reportage]




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- La satiété -

Pour la plupart d’entre nous, manger est une activité instinctive: nous mangeons quand nous avons faim. Mais, parfois, reconnaître que nous avons assez mangé peut être plus compliqué.

Le mécanisme de la faim

La faim est un besoin physiologique qui se reconnaît à certains signes. « On se sent l’estomac creux, on a des gargouillis, on se sent un peu faible: on sait que c'est de la faim », explique le Dr Denis Richard, titulaire de la Chaire sur l’obésité de l’Université Laval.

Lorsque nous avons faim, notre niveau d’insuline diminue. La diminution de cette hormone, qui contrôle le taux de glucose dans le sang, nous pousse à ingérer de la nourriture.

Dans notre cerveau, différents types de neurones contrôlent la faim, l'appétit, ou encore la satiété. « On les retrouve dans une région qu'on appelle l'hypothalamus, qui est une région très importante dans le contrôle de la prise alimentaire », précise le Dr Richard. Mais, pour que ce système réagisse, il faut lui donner du temps. Si nous mangeons trop rapidement, nous ne recevrons pas ces signaux à temps.

Selon Marie Marquis, professeure au Département de nutrition de l’Université de Montréal, manger un repas en 20 minutes s’avère un temps raisonnable. Or, plus nous réduisons le temps alloué à la consommation d’un aliment, moins nous ressentons les signes de satiété, ce qui entraîne la consommation d’une plus grande quantité d’aliments.

Les enfants en très bas âge sont toutefois très sensibles à ses signaux de satiété. « C'est en vieillissant qu'on vient dérégler ces processus », souligne Marie Marquis.

L’influence du mode de vie

Dans nos sociétés occidentales, nous n’accordons que peu de temps à la prise du repas, qui est devenue la plupart du temps une activité fonctionnelle. À force de ne pas prendre en cause les besoins de l’organisme, certains finissent même par ne plus ressentir leurs signaux de satiété. Plusieurs ne s’arrêtent de manger que lorsque leur assiette est vide!

Marie Watiez est psychosociologue de l’alimentation chez Sésame consultants. Elle explique que nous ne devrions pas ressentir une lourdeur au sortir de la table. « On devrait se sentir juste bien », dit-elle.

Mais, aujourd’hui, tout contribue à brouiller nos signaux de satiété. D’abord, le manque de temps, ensuite, le mode de vie, avec toutes ses distractions et obligations. L’omniprésence de l’offre alimentaire influence aussi nos habitudes. Marie Marquis: « On est dans un rythme effréné où l'aliment est partout, accessible, disponible, et où la décision de manger pour répondre à une faim n'est plus réfléchi. »

Le stress et l’anxiété peuvent également amener des gens à ingérer plus de nourriture riche en énergie. « La nourriture pourrait, dans certaines conditions, être réconfortante », expose le Dr Denis Richard.

Contrôler son appétit

Si les signaux de faim et de satiété sont relativement faciles à détecter, à condition de se donner du temps, il en va autrement de l’appétit. Véritable trouble-fête, l’appétit vient nous tenter en tout temps, ne nous laissant aucun répit.

Il nous arrive parfois d’avoir envie de consommer un aliment en particulier, pour le plaisir du goût ou de la texture. Dr Denis Richard : « Dans le cerveau, on a un système que l’on appelle le système de récompense. C'est ce système qui va nous donner le plaisir. »

Mais pouvons-nous arriver à contrôler notre appétit? Selon Mme Marquis, notre relation à la nourriture est parfois complètement tordue, par exemple dans les buffets, où certains consomment à outrance.

La psychosociologue Marie Watiez croit que l’organisme humain est davantage programmé pour survivre au manque de nourriture qu’à son abondance, ce qui expliquerait notre difficulté à écouter nos signaux de satiété. Mais, lorsque nous y portons attention, nous devrions sentir une certaine saturation, accompagnée d’une baisse du plaisir.

Finalement, il importe donc d’être à l’écoute des signes que nous envoie notre corps, tout en consommant à un rythme raisonnable.




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