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- Achat par Internet aux États-Unis: attention aux frais cachés! -

1er mai 2007 - Qui aime payer des frais cachés, ces 10 $, 20 $ ou même 50  $ dont personne n'avait parlé, mais pour lesquels existe soudainement une explication tellement logique? Tous ces petits montants multipliés par des millions de consommateurs finissent par faire beaucoup d'argent dans la poche de certains. L'histoire qui suit est plutôt révélatrice à ce propos. Des entreprises bien établies font des profits sous couvert de frais de service, et le citoyen n'est bien sûr informé qu'au moment de payer sa facture.

Réalisateur-journaliste: Jacques Taschereau
__________


André est un grand amateur de vélo de montagne. Il en fait tellement qu’il doit remplacer fréquemment les pièces de sa bicyclette. Pour réduire les coûts, il cherche des aubaines. En septembre dernier, il en avait trouvé chez un marchand américain.

La différence de prix était assez importante pour qu’il vaille la peine de commander des pièces – trois cassettes, trois plateaux, une chaîne et un pneu – par Internet. Il a donc conclu l’affaire avec une boutique de Chapel Hill, en Caroline du Nord, pour 300 $US. Le marchand a ajouté 16,50 $US pour expédier le tout à Montréal par service de messagerie avec la compagnie FedEx.

« Je présumais, en toute bonne foi, que ces frais couvraient l’ensemble des coûts de livraison, indique André. Alors, quand j’ai reçu mes pièces deux semaines plus tard, je croyais que ça s’arrêtait là. »

Mais ça ne s’arrêtait pas là. Une autre facture suivait. Une facture de plus de 110 $.

« Ça me semblait exagéré et je ne comprenais pas. La TPS comptait pour une partie des frais et l’autre partie, celle qui me dérangeait le plus, c’était des frais de dédouanement d’un montant d’environ 55 $. »

Dédouaner soi-même pour éviter les frais

Louis non plus n’a pas compris quand il a reçu une facture semblable avec son colis. Dans son cas, c’était avec la compagnie UPS.

« C’était une pièce pour une motocyclette d’importation qui devait nécessairement provenir des États-Unis, qui n’était pas disponible ici, raconte-t-il. J’ai reçu un colis qui valait 27 $ et on exigeait des frais de courtage en douane de 55 $. »

Louis a alors appelé la compagnie de messagerie pour avoir des explications.

« [Ils m’ont dit que] c’était pour payer le courtage en douane. Donc, pour payer le temps de la personne qui a consulté le catalogue pour voir quelles étaient les taxes s’appliquant sur cet article-là. »

Louis a refusé le colis, qui a été retourné à l’entrepôt d’UPS. La compagnie lui a alors dit que s’il ne voulait pas payer les frais de courtage en douane, il pouvait dédouaner lui-même son colis. Louis s’est donc rendu à un bureau de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) à Montréal. Des douaniers y imposent les tarifs s’appliquant sur les marchandises que les Canadiens importent, une formalité obligatoire.

L’ASFC a organisé pour La facture une simulation du processus auquel Louis s’est soumis. Voici comment cela se passe:

Le douanier consulte les factures, la description des biens et il remplit un formulaire sur son terminal;
Le logiciel affiche ensuite les sommes à percevoir;
Le consommateur paie ce qu’il doit;
Une mainlevée lui est remise;
Il se présente à la compagnie de messagerie avec le document pour obtenir son colis.

Service facturé au client… sans le lui dire

Depuis l’entrée en vigueur de l'Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis, le 1er janvier 1989, il est rare que des tarifs douaniers s’appliquent aux biens en provenance des États-Unis. Cependant, les douaniers perçoivent les taxes canadiennes applicables, comme si le consommateur avait acheté le bien au pays.

Pour la marchandise de Louis, UPS avait fait cette démarche auprès de l’ASFC et la compagnie avait payé les taxes. Les 55 $ de frais, c’était pour s’être donné tout ce mal. Les sociétés de messagerie ne se déplacent toutefois pas pour chaque colis: le dédouanage se fait électroniquement à distance. Voilà pourquoi les 55 $ de frais paraissent excessifs. Et en faisant la démarche lui-même, Louis a économisé cette somme.

« Je comprends que nous avons des taxes à payer. Je comprends qu’il y a des frais d’expédition et même des frais de dédouanement raisonnables à payer, souligne Louis. Mais à 55 $, je ne considérais pas ça raisonnable du tout. »

« C’est vrai que c’est un service, mais c’est un service que je n’avais pas demandé et à aucun moment ne m’a-t-on informé qu’il y aurait ce service à payer. Si j’en avais été avisé auparavant, je n’aurais tout simplement pas fait cet achat, ajoute André. Et ce n’est pas juste le fait d’avoir fait un mauvais achat [qui est choquant], c’est le fait d’avoir été berné à la fois par FedEx et par [le marchand]. »

Gratuit à la poste

Il y a plus choquant encore. Si le marchand avait expédié le colis par le service express des sociétés américaine et canadienne des postes, la situation aurait été bien différente.

Selon Jim Cochrane, directeur du service des colis au United States Postal Service (USPS), le paquet d’André aurait été acheminé à l’aéroport de Dorval pour 21,60 $US, à peine plus que le prix de FedEx. USPS n’aurait pas ajouté d’autres frais.

Au Canada, Postes Canada aurait pris le relais.

« Quand les colis arrivent par avion à l’aéroport, nous allons les chercher et nous les apportons au centre de tri où ils sont acheminés aux douanes pour le dédouanement, explique Christiane Ouimet, de Postes Canada. Nous ne facturons pas de frais pour ça. »

À la livraison, Postes Canada aurait réclamé les taxes plus des frais de manutention de 8 $ à André, qui aurait obtenu son colis en 3 à 5 jours ouvrables. Bref, il aurait payé 77 $ avec la poste. Avec FedEx, c’était 50 $ de plus pour le même service.

« Peu importe ce que FedEx dira [pour sa défense], ça ne change pas le fait qu’elle facture des frais prohibitifs pour un service que Postes Canada offre gratuitement », estime André.

Jim Cochrane
La compagnie FedEx n’a répondu à aucune des questions de La facture. Elle s’est contentée d’émettre un vague communiqué et de renvoyer à son site Internet pour plus d’information. Quant à UPS, elle n’a même pas retourné les appels.

Pour Jim Cochrane, les frais de courtage sont un moyen que les compagnies de messagerie ont trouvé pour accroître leurs revenus. Et il n’y a rien que le consommateur puisse faire: elles ont le droit de faire des profits. Il n’est toutefois pas obligé de faire affaire avec elles.

« Faites affaire avec la poste, conseille André. C'est plus sûr, il n’y a pas de frais cachés et vous achetez en toute tranquillité. »

En conclusion

André a remboursé à FedEx les taxes qu’elle avait acquittées à sa place. Il refuse toutefois catégoriquement de payer les frais de 55 $ pour les services de courtage en douane. Depuis, il n'a reçu aucune nouvelle de la compagnie de messagerie.
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