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- La voiture hybride -
Michel Houle, est un mécanicien d’Air Canada à la retraite. Il est intarissable lorsqu’il s’agit de parler de la voiture hybride. Cette technologie lui est chère, et il croit dur comme fer qu’elle représente l’avenir pour la protection des ressources de la planète. Il est une référence dans le domaine, et personne ne peut le surpasser en matière de conduite économique.

Michel Houle
En plus de nous donner quelques trucs, il a accepté, dans ce reportage, de tester pour nous les principaux modèles hybrides. Au fil de notre enquête, nous avons aussi rencontré des vendeurs d’automobiles, des experts en transport et même le ministre québécois du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Thomas Mulcair.

La voie de l’avenir?

Quand les premières hybrides – une création japonaise — sont apparues sur le marché, on les présentait comme les voitures écologiques. C’était la voiture de l’avenir. On nous promettait des véhicules ne consommant que 4 litres/100km. Toyota a lancé la Prius en 1997, et Honda a suivi, peu après, avec la Insight. Chez Honda, la puissance du moteur à essence est renforcée par le moteur électrique, ce qui améliore les performances et réduit la consommation. Chez Toyota, la Prius est une voiture à base électrique assistée d’un moteur à essence. Dans les conditions optimales, cette voiture peut rouler jusqu’à 50 km/h en mode exclusivement électrique, donc, sans consommer d’essence et sans polluer.

Richard Bergeron
Richard Bergeron s’y connaît en transport. Il a publié Le livre noir de l’automobile chez Hypothèse. Il croit que la voiture hybride est une solution viable pour les 10 ou 15 prochaines années. Mais il va plus loin: « Il y a de 800 à 850 millions d'automobiles en circulation dans le monde. D’ici 2025, ce chiffre aura doublé. On doit absolument diminuer de moitié, le plus tôt possible, ne serait-ce que pour faire de la place, en terme de réserves pétrolières, à la motorisation de la Chine. Et dans 10 ou 15 ans, il va falloir passer à une autre technologie encore plus pointue que celle de l'hybride, où on va tendre vers la consommation pétrolière 0 ».

L’hybride pour en jeter plein la vue?

Pour le moment, la consommation moyenne des Québécois est de 10,5 litres/100 km, alors qu’en Europe, elle est de 5,7 litres/100 km. La voiture hybride n’a pas tellement la cote chez nous. Il faut dire qu’elle coûte plus cher que les voitures ordinaires. Une voiture hybride coûte de 5 à 10 000 dollars de plus qu’un modèle classique.


Un client croisé chez un concessionnaire: « Je suis à la retraite et je ne peux pas payer 8000 dollars de plus pour un véhicule, juste pour économiser l’énergie. Dans d’autres provinces, on donne des rabais aux consommateurs. Pourquoi n’en a-t-on pas ici? Si on enlevait les deux taxes à l’achat, cela (une voiture hybride) me reviendrait au même prix qu’une auto ordinaire, et je polluerais moins ». Dans trois provinces canadiennes – la Colombie-Britannique, l’Ontario et l’Île-du-Prince-Edouard –, on subventionne l’acquisition d’une voiture hybride (des économies pour l’acheteur pouvant atteindre 3000 dollars).

La tendance, dans l’industrie automobile nord-américaine est de continuer à assouvir la frénésie de puissance du consommateur, tout en lui donnant une bonne conscience. Ainsi, l’industrie privilégie des modèles toujours plus gros, toujours plus chers et toujours plus performants. Presque tous les nouveaux modèles hybrides sont des grosses voitures ou des quatre par quatre. Mais, à long terme, est-ce une bonne stratégie?

Pierre Lavallée
Pierre Lavallée, directeur du Centre d’expérimentation des véhicules électriques du Québec (CEVEQ): « À moyen et à long terme, c’est inadmissible. Il faut que l’industrie auto nous propose des véhicules qui consomment au maximum 5 litres/100 km. Surtout dans une configuration hybride, sinon, à quoi ça va servir? Alors, le standard, pour nous, c’est 50km/h en mode électrique, zéro pollution locale et, globalement, 5litres/100. Les réserves énergétiques sont trop fragiles pour qu’on nous propose une nouvelle technologie avec si peu de performance ».

Où est passée la voiture écologique qu’on nous promettait, il y a quelques années? La voiture hybride est de plus en plus chère. Est-on en train de dénaturer ce qu’on croyait être une solution à la pollution et à l’augmentation des prix du pétrole? Le privilège d’économiser de l’essence sera-t-il réservé aux riches? L’industrie automobile saisira-t-elle cette opportunité de rendre la planète moins polluée ou, au contraire, continuera-t-elle à ne viser que ses propres intérêts?

Journaliste: Philippe Lugassy
Réalisateur: Roger Archambault





 [Regardez le reportage (1re partie)]

 [Regardez le reportage (2e partie)]

Hyperliens
Centre d'expérimentation des véhicules électriques du Québec (CEVEQ)

Le Défi d'une tonne
Environnement Canada

Dossier sur l'automobile
Le Devoir



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