Le tabac : La fin d'une époque
Journaliste : André Laprise
Réalisateur : Maurice Roberge
2 novembre 2003

«Si l'on se fie aux plus récentes découvertes de l'archéologie, l'usage du tabac remonte au moins au premier siècle avant Jésus-Christ, époque à laquelle les Mayas, dont la civilisation florissait en Amérique centrale, fumaient les feuilles de cette plante au cours de cérémonies rituelles et religieuses.» L'histoire du tabac.

 


Le royaume du tabac...

La région de Joliette, c'est le royaume du tabac au Québec.

C'est au début des années 40 que les premiers producteurs de tabac se sont installés au cœur de cette région. Ils ont commencé à mettre en valeur des sols sablonneux épuisés devenus incultes.

La culture du tabac jaune est vite devenue une production majeure et florissante.

Aujourd'hui...


Tabac séché.

Aujourd'hui, la récolte de tabac s'annonce toujours bonne mais elle est quand même 3 fois plus petite que dans les meilleures années du tabac.

Contrairement à l'habitude, les tabaculteurs ont mis en terre que la moitié des plants de tabac. Et pour cause; la demande pour le tabac est en baisse.

Il est vrai que les gens fument moins mais ce n'est pas essentiellement pour cette raison que la demande pour le tabac diminue. En fait, c'est une multinationale qui a décidé de ne plus acheter son tabac des tabaculteurs québécois qui influence surtout le marché du tabac.

 

La crise du tabac...

Depuis le printemps, les producteurs de tabac sont choqués et stupéfaits. La Compagnie Rothmans, Benson and Hedges ne leur achète plus de tabac même si elle continue à produire à son usine de Québec toutes les cigarettes qu'elle vend sur le marché québécois et canadien.

Résultat : deux fois moins de commandes pour les tabaculteurs.


Patrick Boisjoli

Le tabac du Québec en est un de qualité mais également parmi les tabacs les plus chers au monde. Les producteurs d'ici réalisent les effets de la mondialisation, ils doivent compétitionner avec d'autres pays producteurs de tabac tels la Corée, la Chine, le Vietnam, le Brésil.

«Ces pays-là qui réussissent avec des salaires horaires 10 fois moins cher que nous autres, arrivent à inonder notre marché. La qualité du tabac québécois, ça se compare pas avec le tabac qui entre au port d'importation de Montréal.»
Patrick Boisjoli, tabaculteur

 

Solution à la crise...

Michel Sénécal est agronome. Sa mission depuis le printemps, épauler les producteurs de tabac pour qu'ils puissent sortir le mieux possible de cette crise.

Il aide les producteurs de tabac à trouver des cultures alternatives qui leur permettront d'avoir un revenu suffisant à la ferme.

La saison 2003 est devenue une saison d'essais pour les tabaculteurs. Un bon nombre, parmi les plus jeunes ont tenté de nouvelles productions. Ils ont surtout essayé les cultures légumières comme les oignons et les choux de Bruxelles.


Toutefois, si les producteurs de tabac devenaient tous maraîchers, la production de légumes pourrait augmenter de 2/3 dans la région. Des tonnes de légumes qui feraient chuter les prix et nuiraient à l'ensemble des agriculteurs.

 

La fin d'une époque...

Cette année n'est pas une bonne année pour les producteurs de tabac. Ils vont tous finir dans le rouge. Qu'en sera-t-il pour la prochaine saison?

Patrick Boisjoli , comme les 55 autres producteurs de tabac sent que c'est la fin, mais il veut encore croire à l'impossible : Produire du tabac tant qu'il y aura des fumeurs au pays.

Une page est tournée dans l'histoire agricole du Québec. Autrefois, une production enviée et très rentable, le tabac est devenu une culture marginale et mal aimée. Le paysage agricole de la région de Joliette va changer.

 

 

Le tabac au Québec...

Les Amérindiens rencontrés par Jacques Cartier cultivaient déjà le tabac qu'ils faisaient sécher au soleil avant de le fumer dans une pipe. Les premiers colons s'adonnaient à la culture du tabac, mais uniquement pour la consommation domestique. Jusqu'au XVIIe siècle, cette culture ne se fait qu'en Amérique.

La culture du tabac devient rapidement un secteur important de l'agriculture, puisque le recensement de 1871 fait mention d'une production de 1 195 345 livres de tabac. Jusqu'à ce qu'il soit devancé par l'Ontario en 1911, le Québec demeure le principal producteur de tabac au Canada.

La culture du tabac est surtout concentrée au nord de Montréal, dans les comtés de Montcalm, l'Assomption, Joliette et Berthier, Rouville, Bagot, Iberville et Missisquoi. Dans les années 1940, la production de tabac à cigare et à pipe diminue, tandis que celle du tabac à cigarette prend de l'importance.

Bien que la superficie des terres cultivées soit sensiblement la même entre 1955 et 1975, la production ne cesse d'augmenter.

Depuis le début des années 1980, on note une baisse de la demande. Cette situation pourrait être attribuable à la diminution graduelle de la consommation de tabac, suite à la découverte de son influence nocive sur la santé.

Le tabac est cultivé dans les régions de Joliette, Trois-Rivières, Shawville et Saint-Jacques de Montcalm.

Source : Culture du tabac (séchoirs) - Culture et Communications Québec

 


POUR EN SAVOIR PLUS...

Tabac: chronique d'un désastre annoncé - Les tabaculteurs du Québec crient famine - Le Devoir

La culture du tabac - Zone Libre



La cigarette.

La cigarette vit le jour en Turquie. C'est au cours de la guerre de Crimée, en 1855, que des officiers turcs la firent découvrir à leurs alliés anglais et français qui, à leur tour, la firent connaître à leurs compatriotes. La cigarette n'allait, toutefois, connaître le succès que trente ans plus tard, quand des officiers anglais, revenant d'une longue campagne en Egypte, en rapportèrent de vastes provisions dans leur pays. Enfin, en 1865, un Américain inventait une machine spéciale pour la fabriquer et à partir de ce moment-là, il devint possible de se la procurer à un prix raisonnable.

Source : L'histoire du tabac.

Le reportage n'est pas disponible pour l'instant.