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Reportage au Point
Le mercredi 5 mars
Comment la Norvège transforme la neige en or
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Oslo, capitale de la Norvège, capitale des joues rouges! À Oslo, la descente en luge ou en trois-skis fait quatre kilomètres. Et le remonte-pente, c'est le métro! Des terrains de soccer sont chauffés; on y joue 12 mois par année. Pas de doute, dans cette ville de 500 000 habitants, le sport et le plein air sont rois, presque des religions. Qu'on soit écoliers ou grands-parents, tout le monde participe. La discipline maîtresse, c'est le ski.

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Dans un pays où la nature est omniprésente et le climat rigoureux, le ski est une tradition. De tradition, l'activité physique devient donc souvent, dès l'enfance, une passion. En Norvège, trois enfants sur quatre pratiquent régulièrement un sport. L'école joue un rôle important. Les jeunes ont trois heures d'éducation physique par semaine au primaire, deux heures au secondaire. Les activités sont variées : cinq heures de danse par année sont même obligatoires au programme du secondaire. Mais si le sport prend une place importante dans l'éducation, la vie des élèves là-bas ne se passe pas vraiment dans les salles de classe.

 

En banlieue d'Oslo, en ce mardi en fin d'après-midi, il n'y a pas d'autobus scolaire, on marche vers la maison. La journée de plein air ne fait que commencer pour bien des jeunes et leur famille. On se prépare fébrilement pour une soirée au club sportif de la municipalité, comme c'est le cas deux ou trois fois par semaine. Difficile à croire, en pleine semaine, à la tombée de la nuit, ils sont des centaines sur leurs skis de fond: des ados, des petits et des tout-petits. Tous ont un point en commun: l'amour du sport.


En Norvège, pratiquement chaque municipalité a son club sportif et bien des entreprises en ont également un. En tout, 1,8 million de Norvégiens font partie d'un club. Le pays compte environ 4,5 millions d'habitants; plus de deux cinquièmes de la population y sont impliqués. Et le plus beau de l'histoire, c'est que ces clubs sont tous dirigés par des bénévoles. Ils sont 700 000 en tout, surtout des parents. Les jeunes s'entraînent et s'amusent pendant environ deux heures, puis c'est l'heure du lunch et le club sportif devient club social. Ces clubs sont en bonne partie financés par la loterie nationale et par des activités de promotion. Les jeunes Norvégiens n'échappent pas non plus aux loisirs plus passifs et à l'embonpoint, mais la résistance là-bas est plus forte que chez nous.

 

Un bel exemple pour illustrer cette philosophie de vie se vit près de Lillehammer, à la «Ringebu Folkehogskule», ou école du peuple. Une centaine de jeunes de 18 à 20 ans y vivent toute une année. Il s'agit d'une sorte de sabbatique pour eux, en plein coeur des montagnes norvégiennes. À cette école, il n'y a pas de diplôme, pas beaucoup de cours, surtout des activités. Des écoles comme celle-là, la Norvège en compte 82. La grande majorité offre des programmes de sport ou de plein air, mais on y enseigne aussi les arts, le tourisme ou la communication. 11 % des jeunes Norvégiens passent par là.


De tous les maniaques du sport en Norvège, plusieurs émergent et se distinguent sur la scène internationale. Le pays est le plus titré de l'histoire des Jeux olympiques d'hiver. En fait, les résultats norvégiens se sont améliorés à la fin des années 1980, avec la formation de l'Olympiatoppen, un organisme qui gère tout ce qui touche au sport d'élite. Avec lui, est né à Oslo le Centre national pour les sports d'élite, un lieu de formation pour 150 athlètes triés sur le volet dans 25 disciplines différentes. Les athlètes du Centre doivent obligatoirement respecter à la lettre leur plan d'entraînement. On n'accepte pas les perdants. Il s'agit d'une façon de voir très différente de la philosophie égalitaire de la Norvège, où la devise sportive est «le sport pour tous». Mais depuis le grand virage des années 1980, le sport d'élite s'est dissocié du sport de masse.

Comme gagnant, il est difficile de trouver mieux que Lasse Kjus: c'est un des skieurs alpins les plus titrés de l'histoire, tant aux championnats du monde qu'aux Olympiques. Le Centre national d'entraînement a joué un rôle important dans sa carrière. Lasse Kjus a été élevé au rang de héros national en Norvège, à l'image de bien d'autres athlètes qui font bonne figure sur la scène mondiale. Ces athlètes sont devenus les plus grandes idoles, une fierté pour le pays tout entier. Les médaillés olympiques ne reçoivent pas une fortune du gouvernement, ni de terrains de la Couronne, comme certains peuvent le croire. Ils sont quand même bien encadrés et bien commandités. Mais là où l'État les aide probablement le plus, c'est en investissant massivement dans le sport en général. En fait, le tiers des profits de la loterie nationale va au sport. En 2001, c'était environ 165 millions de dollars. Proportionnellement, c'est beaucoup plus d'argent que ce qui est accordé aux athlètes canadiens.

 


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