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Reportage au Point
Le mardi 25 février
Violence chez les filles: les mots qui blessent
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Pendant longtemps, on a cru les filles incapables de violence. La violence chez les jeunes, c'était l'affaire des gars. Les chercheurs découvrent maintenant que les filles sont aussi violentes que les gars, mais à leur manière. Une vaste étude réalisée sur deux ans par un groupe de chercheurs dirigé par Tracy Vaillancourt, de l'université McMaster à Hamilton, démontre qu'avec l'âge, pendant que la violence physique diminue chez les garçons, la violence psychologique, qu'on appelle aussi violence relationnelle ou indirecte, augmente constamment chez les filles. Elles représentent les deux tiers du groupe le plus violent recensé par l'étude.

Écoute du reportage 1re partie
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Écoute du reportage 2e partie
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Des livres en anglais qui traitent des relations entre filles

Odd Girl Out: The Hidden Culture of Aggression in Girls, par Rachel Simmons

Queen Bees and Wannabes: Helping your Daughter Survive Cliques, Gossip, Boyfriends, and Other Realities of Adolescence, par Rosalind Wiseman;

Fast Girls: Teenage Tribes and the Myth of the Slut, par Émily White;

The Secret Lives of Girls: What Good Girls Do- Sex Play, Aggression and their Guilt, par Sharon Lamb;

The Wonder of Girls: Understanding the Hidden Nature of our Daughters, par Michael Gurian.

 

La violence des filles suscite beaucoup d'intérêt aux États-Unis également. Trois livres viennent de paraître sur le sujet au cours des derniers mois. Odd Girl Out, de Rachel Simmons, a passé plusieurs semaines sur la liste des best-sellers. L'auteur a interviewé des centaines de victimes et des agresseurs. Elle affirme qu'il faut, pour le bien des filles, cesser de les croire incapables de violence.

La violence psychologique ne laisse pas de bleus, il n'y a pas de sang, pas de cicatrices apparentes. La blessure est intérieure, souvent douloureuse, profonde. Cindy Lamoureux est sociable et sportive. Elle n'avait jamais eu de problème avant qu'un groupe de filles de sa nouvelle école la prennent en grippe en secondaire I parce qu'elle était populaire auprès des garçons. Sa situation est devenue tellement invivable qu'elle a dû changer d'école. On peut penser que ce genre de problème touche surtout les grosses polyvalentes publiques, mais Cindy fréquentait le collège privé Esther Blondin, de St-Jacques, près de Joliette, qui fait justement de la sécurité des élèves sa priorité. Comme beaucoup d'établissements, il est mieux préparé pour faire face à la violence des garçons.

 

 

À Mission, une petite ville tranquille en banlieue de Vancouver, on sait bien ce qu'est la violence psychologique entre jeunes filles et surtout on connaît les conséquences graves que cela peut entraîner. Un drame impliquant quatre adolescentes a ouvert les yeux à bien des gens à cette réalité. Dawn-Marie Wesley était une jeune fille de 14 ans, sans histoire, sans problème, jusqu'au 10 novembre 2000, lorsque ses parents l'ont retrouvée sans vie dans sa chambre. L'adolescente laisse une note ou elle explique qu'elle a décidé de se suicider parce qu'elle est convaincue que trois filles de son école vont la tuer. Cindy Wesley découvre trop tard que sa fille était une victime de violence psychologique.

Les trois filles de 15 ans identifiés par Dawn-Marie ont été accusées de harcèlement criminel et d'avoir proféré des menaces. Deux d'entre elles ont été trouvées coupables et ont reçu des sentences d'emprisonnement suspendues, une première au Canada. La troisième a été acquittée. Cindy Wesley sait maintenant quel peut être le prix de la violence des filles. Avec d'autres parents, elle a fondé Parents against violence everywhere, PAVE. Elle a participé à plusieurs émissions canadiennes et américaines pour dénoncer la violence psychologique. Elle mène cette bataille pour tenter de donner un sens à la mort de sa fille.


Au Québec, on commence à peine à prendre conscience de cette violence des filles et les victimes trouvent de l'aide où elles le peuvent. Funkymag.com s'adresse aux jeunes. Le site Internet traite de sujets comme le multimédia, l'humour, la sexualité et les problèmes que vivent les ados. Une éducatrice spécialisée dans une école secondaire répond bénévolement aux questions des jeunes. Chaque jour, elle voit la détresse des filles dans le courrier qu'elle reçoit.


Élaine Tremblay change plusieurs fois sa fille Rachel, d'école, mais le problème persiste. Rachel est toujours la cible d'attaque de filles qui se moquent de son tour de taille et de ses faibles résultats scolaires. Mme Tremblay voit sa fille perdre toute estime de soi. Désespérée, elle décide d'écrire au magazine favori de Rachel, le magazine Cool. Elle envoie une photo de sa fille et la direction du magazine accepte de faire de Rachel l'une de ses modèles, l'une de ses vedettes du magazine.


Il n'y a pas que les parents qui se demandent quoi faire. De plus en plus de professeurs s'inquiètent de ce qu'ils voient dans leurs classes. La Commission scolaire de Montréal a même dû mettre sur pied des sessions de formation sur la violence psychologique des filles, à la demande des enseignants.

 

 

 


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