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Reportage au Point
Le jeudi 13 février
L'histoire de Sébastien Gilbert
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Sauvé du feu in extremis, Sébastien Gilbert, 26 ans, s'accroche à ce que la vie lui a laissé après sa tentative de suicide. C'est à la suite d'une peine d'amour, en fait, le premier grand amour que le jeune homme vit à l'âge de 23 ans, qu'il s'immole par le feu dans l'appartement de celle qui l'a quitté. Sébastien s'est réveillé de son long coma en octobre 2001. Le 12 juillet 2001, il est transporté d'urgence en ambulance à l'unité des grands brûlés de l'Hôtel-Dieu.

Écoute du reportage
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À deux ans, Sébastien a perdu ses parents dans un accident d'automobile. Sa vie ne sera que la suite de cette tragédie. Plus rien ne tient autour de lui. Ses frères et sœurs ne lui parlent plus. Il est isolé. En fait, durant toutes ces années d'errance, alors qu'il va de famille d'accueil en famille d'accueil, il ne trouve aucun réconfort, à une exception près, soit celui d'un psychiatre, Michel Lemay, de l'hôpital Sainte-Justine, que Sébastien avait rencontré à l'âge de 12 ans. Il ne l'a jamais revu. Or, aussi incroyable que cela puisse sembler, c'est à ce même psychiatre que le journaliste Alain Picard a donné rendez-vous afin qu'il tente d'expliquer, en visionnant le témoignage de Sébastien, pourquoi il a attenté à ses jours.


«Je pense que ce n'est pas une question de courage, ni une question de lâcheté que de vouloir mettre fin à mes jours. C'est une question de détresse, une question de… C'est sûr que c'est difficile à expliquer, parce que je n'étais pas dans mon état normal quand j'ai fait ça. J'étais rendu à bout, j'étais déprimé, je ne voyais plus aucune porte de sortie, je ne voyais plus la lumière au bout du tunnel. Pour moi, c'était ma porte de sortie. C'était, c'était un peu comme une délivrance aussi: mettre fin à tout, à toute cette souffrance qui m'habitait. C'est sûr que c'était un geste sur lequel bien des gens peuvent se poser des questions. Si j'ai décidé de mettre fin à mes jours de cette façon-là, c'est parce que je voulais partir sans laisser aucune trace. En voulant dire: j'ai pas été capable de faire une vie normale, j'ai pas eu le soutien nécessaire, j'ai pas eu… Il y a bien des choses qui m'ont manqué. À ce moment-là, ça été le point culminant de mon existence. Je ne croyais plus en rien. Puis quand tu es rendu que tu crois plus en rien, à quoi ça sert d'espérer que ça va changer?», affirme Sébastien Gilbert.

 

 

Centres de ressources

Avec la semaine nationale de prévention du suicide, du 9 au 15 février, l'heure est au bilan. Malheureusement, les chiffres ne baissent pas, ou très peu. À l'Association québécoise pour la prévention du suicide, on s'inquiète toujours, puisqu'en 2001, 1323 personnes se sont enlevé la vie au Québec, ce qui est légèrement sous la moyenne annuelle des dix dernières années. Près de 80 % des personnes qui se suicident sont des hommes, et 15 % des suicides se produisent chez les 25 ans et moins.

 

Aide téléphonique

Pour une urgence suicidaire, partout au Québec, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, composez

1 866 APPELLE

Suicide-Action Montréal, 24 heures sur 24, composez (514) 723-4000

Carrefour Le Moutier: (450) 679-7111

Multi-Écoute, service d'aide offert en plusieurs langues: (514) 737-3604

Tél-Aide, 24 heures sur 24: (514) 935-1101

Déprimés anonymes, 24 heures sur 24: (514) 278-2130

Gai Écoute: Montréal (514) 866-0103. Ailleurs au Québec: 1-888-505-1010

 

 

 

 


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