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REPORTAGE  — 3 novembre 2002

Retour sur les OGM

La culture des plantes génétiquement modifiées, comme le maïs, le soja et le canola, est essentiellement l'affaire de quatre pays, dont le Canada et les États-Unis.

Au départ, en 1996, les entreprises de biotechnologie avaient fait miroiter aux fermiers une agriculture plus concurrentielle, plus rentable, plus efficace et plus propre. Ce n'est pas ce qui s'est produit. Au contraire, les cultures transgéniques seraient la cause d'une catastrophe économique.

C'est de la Grande-Bretagne que provient ce constat, plus particulièrement de la Soil Association, un regroupement de fermiers, de chercheurs et de nutritionnistes qui fait la promotion de l'agriculture biologique.

L'Association affirme que les cultures transgéniques n'ont tout simplement pas livré la marchandise. D'abord la rentabilité est en baisse. Les semences de maïs et de soja transgéniques coûtent plus cher que les semences naturelles. En outre, ces récoltes se vendent moins bien, car de plus en plus de pays refusent de les acheter.

Ensuite, il y a le rendement à l'hectare. Avec le maïs transgénique résistant à la pyrale, on observe un léger accroissement de la production. Par contre, ce n'est pas le cas du soja transgénique qui affiche une baisse de rendement variant entre 6 % et 11 % par rapport aux souches conventionnelles, sans qu'on sache pourquoi.

Quant à la réduction prévue des arrosages de pesticides, elle ne s'est pas produite. De plus, des cultures transgéniques résistantes aux herbicides ont commencé à transmettre cette propriété à certaines mauvaises herbes. Les agriculteurs doivent multiplier les arrosages de pesticides au lieu de les réduire. Donc, un gain nul en ce qui a trait à la pollution, et des coûts supplémentaires pour l'achat des pesticides.

Enfin, il y a le problème de la contamination des cultures non transgéniques. C'est ce qui arrive présentement en Saskatchewan, au point où c'est tout le secteur de la production de canola biologique qui est menacé de disparition. Il est de plus en plus difficile de garantir la pureté des récoltes traditionnelles. Conséquence : c'est tout le marché des exportations qui s'effondre.

Pour compenser ce manque à gagner, les États-Unis ont dû augmenter leurs subventions à l'agriculture de 3 à 5 milliards de dollars par année depuis 1999. La facture est salée. La Soil Association l'évalue à 12 milliards de dollars, seulement pour les États-Unis.

Néanmoins, même si les promesses des entreprises de biotechnologie n'ont pas été tenues, Monsanto entend mettre sur le marché américain un blé transgénique d'ici 2005. Le Canada n'a toujours pas donné son accord. Il est vrai que les agriculteurs canadiens auraient tout à perdre s'ils adoptaient ce blé transgénique puisque le marché mondial ne serait probablement pas intéressé par cette production.

Pour en savoir plus

Seeds of Doubt
Rapport de la Soil Association (en anglais)

Journaliste : Mario Masson
Réalisatrice : Marièle Choquette


 


Les cultures transgéniques seraient la cause d'une catastrophe économique, selon la Soil Association, un organisme britannique

 

 


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Avec ses semences Roundup Ready, Monsanto est un des géants du trangénique

 


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