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REPORTAGE  —  13 octobre 2002

 Le miel, un antibiotique naturel

Les bactéries résistent à un nombre croissant d'antibiotiques. La science regarde donc ailleurs pour trouver des astuces qui tiendraient en échec ces microbes malveillants. Et elle a découvert le miel.

Toute une surprise ! En fait, pas vraiment, car les vertus du miel sont appréciées depuis au moins 4000 ans. Les Égyptiens déjà en connaissaient les qualité antiseptiques. D'ailleurs, cette connaissance a perduré jusqu'à la dernière guerre mondiale. En fait, jusqu'à l'arrivée des antibiotiques.

C'est une équipe de chercheurs de l'Université Waikato de la Nouvelle-Zélande qui, sous la direction du professeur en biochimie Peter Molan, a remis le miel au goût du jour. « On connaît bien l'effet anti-bactérien du miel, explique-t-il. C'est une enzyme qui en est responsable, en produisant du peroxyde d'hydrogène, un antiseptique reconnu. »

Mais comme la quantité de peroxyde d'hydrogène varie d'un miel à l'autre, sa capacité à combattre les bactéries varie aussi grandement. Heureusement, il existe en Nouvelle-Zélande un arbuste dont les fleurs permettent aux abeilles qui les butinent de produire naturellement un miel dont le pourcentage en peroxyde est facilement 10 fois supérieur à la moyenne.

Le miel qui provient des fleurs de manuka commence à faire ses preuves en milieu hospitalier, non seulement en Nouvelle-Zélande, mais aussi en Australie, en Grande- Bretagne, et sur la côte ouest des États-Unis et du Canada.

Ce miel est particulièrement efficace sur les brûlures et les ulcères. Mais la grande nouvelle, c'est que ce miel est aussi efficace contre les bactéries multirésistantes, comme l'entérocoque ou encore le staphylocoque doré.

« Nous avons étudié en laboratoire différentes souches bactériennes résistantes aux antibiotiques, raconte Peter Moran. Ces super-bactéries causent beaucoup de problèmes dans les hôpitaux. Et nous avons trouvé que le miel les éliminait tout autant que les souches bactériennes non résistantes. »

Il y a encore mieux. Au delà de ses qualités antibactériennes, le miel de Manuka possède d'autres propriétés très intéressantes. Il diminue les enflures, augmente la circulation sanguine et même accélère la formation de nouveau tissu cicatriciel.

« Les mécanismes par lesquels le miel réduit les inflammations et stimule la croissance de tissu cicatriciel ne sont pas connus, poursuit Peter Molan. Nous faisons maintenant de la recherche à ce sujet. »

Bientôt une nouvelle molécule pourrait bien aider les médecins dans leur lutte contre les bactéries, surtout celles qui sont multirésistantes.

Pour en savoir plus

Conseil canadien du miel
Site de l'industrie apicole au Canada

National honey board
Site qui fait la promotion du miel

Waikato honey research unit
Site qui décrit les travaux de Peter Molan

Journaliste : Mario Masson
Réalisatrice : Jeannita Richard

 


 

 

Cette plante, appelée manuka, fait partie de la famille de buissons sauvages appelés Leptospermum. Son miel contient de grandes quantités de peroxyde d'hydrogène, un antiseptique.

 

 

 

 


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