Le 5 novembre 2000

La couche d'ozone

Il y a 25 ans, on découvrait un trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique. Depuis, nous surveillons l'évolution de ce trou plus ou moins inquiétant selon les années. Aujourd'hui, où en sommes-nous et qu'en est-il de ce nouveau trou au-dessus de l'Arctique?

La couche d'ozone, notre écran soleil, se trouve au-dessus de la troposphère, à 15 ou 20 kilomètres nord. Cette couche absorbe les radiations du soleil, les rayons UV-B, et protège donc la terre. Mais cette couche est fragile surtout depuis que des substances chimiques produites par l'homme la menace.

Septembre 2000. Le trou de la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique est le plus grand jamais observé : plus de 60 % de diminution de l'ozone, sur une grandeur équivalente à près de deux fois le territoire du Canada. Le trou touche même le sud de l'Amérique latine. Autre phénomène plus récent celui-là : la couche d'ozone s'amincit au-dessus de l'Arctique. En 1997, on atteint un record : avec 45 % d'amincissement. Le phénomène inquiète puisque le territoire est plus habité que celui de l'Antarctique.

David Tarasick est chercheur à Environnement Canada. Il suit l'évolution de la couche d'ozone de près : « Dans l'Arctique ce printemps, l'ozone était très basse. On peut même l'appeler un trou si on regarde les différence en pourcentage de l'ozone qui est normalement là. On peut dire que c'est un trou dans l'Arctique. »

Sommes-nous en train de perdre définitivement notre couche d'ozone? S'amincit-elle de plus en plus à chaque année?

« La couche se régénère tout le temps, nous explique David Tarasick. L'ozone est fait continuellement par l'action du soleil sur l'oxygène dans l'atmosphère. On a donc un nouveau trou à chaque année. Il existe seulement pendant un mois ou deux, de septembre à octobre. Normalement, à la fin octobre il se défait. On ne voit pas de trou avant le mois de septembre de l'année suivante. »

La science de l'ozone et de sa destruction est jeune : elle a à peine 25 ans. On en comprend maintenant les principes de base. Une partie de la couche se fait et se défait naturellement chaque année. C'est l'arrivée de produits chimiques industriels comme les CFC (chlorofluorocarbures) qui est venu déranger ce phénomène naturel. Ces CFC, que l'on retrouve dans les réfrigérateurs, les appareils à air climatisée, sont des molécules très stables. Lorsqu'ils sont libérés accidentellement dans l'air ils y demeurent longtemps et prennent entre 10 et 20 ans avant d'atteindre la stratosphère. Seuls ils sont inoffensifs; mais lorsque certaines conditions sont réunies, c'est la guerre!

Trois conditions sont nécessaires pour détruire l'ozone. Tout d'abord, les vents. Durant l'hiver très froid du Pôle sud , des vents puissants tournent, isolant l'air polaire au-dessus du continent. C'est le vortex polaire.

Ensuite, ce sont les nuages. À l'intérieur de ce vortex, quand la température descend aussi bas que -80 Celsius , on note la formation de nuages de glace ou nuages stratosphériques. Ils jouent un rôle majeur dans la réaction chimique destructrice.

Enfin, le Soleil y joue aussi un rôle. Il faut attendre que les premiers rayons de soleil du printemps austral se manifestent. Sous l'effet des radiations et à la surface des cristaux de glace des nuages polaires, la molécule de chlore contenue dans les CFC est libérée. À elle seule, elle peut attaquer plus de 100 000 molécules d'ozone! Avec le retour du soleil printanier plus chaud, les nuages stratosphériques et le vortex sont dissous. L'air riche en ozone à l'extérieur du trou se mélange à l'air appauvri et le trou disparaît.

« Une fois que l'on a découvert le trou dans l'Antarctique, la première question que l'on se posait était : pourquoi on ne le voyait pas dans l'Arctique aussi? La réponse est assez claire : la stratosphère arctique est plus chaude, il y a moins de fréquence de nuages pour la stratosphère et aussi le vortex arctique est moins confiné cela veut dire que l'air qui tourne au-dessus de l'Arctique est moins stable que l'Antarctique, nous dit M. Tarasick. »

N'empêche que l'on s'inquiète! En 1993, on a noté un appauvrissement de l'ozone de 30 % au-dessus de l'Arctique. La cause : les aérosols produits par l'éruption du Pinatubo. En 1997, une année record de froid dans l'Arctique avec une perte de 45 % de la couche d'ozone comme résultat.

«On anticipe que le trou au-dessus de l'Arctique ne deviendra pas aussi important qu'au-dessus de l'Antarctique, mais on ne le sait pas avec l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère qui est responsable pour le réchauffement global, précise M. Tarasick. » Un autre phénomène climatique pourrait avoir un impact sur la couche d'ozone : C'est le réchauffement de la planète! Mais, comment une température plus chaude pourrait-elle engendrer une détérioration de la couche d'ozone qui a besoin de froid intense?

C'est que la concentration des gaz à effet de serre comme le CO2 et le méthane emprisonnent la chaleur de la terre dans la troposphère. Si bien qu'à l'étage au-dessus, la stratosphère cesse de recevoir des radiations et se refroidit de plus en plus. Plus de froid dans la stratosphère, plus de nuages polaires et plus de destruction de l'ozone.

Entre 1989 et 1993, dans la région de Toronto, le rayonnement ultraviolet a augmenté de 35 % en hiver et de 7 % en été. « Les êtres humains peuvent éviter ces effets en mettant un chapeau, en appliquant une protection solaire et en ne baignant pas au soleil, nous dit M. Tarasick. Pour les plantes, les forêts, la végétation, c'est là que l'on peut avoir des effets économiques importants. »

Les produits destructeurs de l'ozone prennent de nombreuses années à monter jusqu'à la stratosphère. On a prévu que le maximum de destruction serait atteint autour de l'an 2000, même si les CFC ont été bannis par le Protocol de Montréal de 1987. Il faut tenir compte des délais accordés aux pays les plus pauvres qui vont continuer à utiliser des chlorofluorocarbures pendant encore plusieurs années.

L'an 2050 a longtemps été considéré comme la date du retour d'une couche d'ozone normale. Aujourd'hui, les scientifiques se demandent si le réchauffement global ne va pas retarder la régénération de la couche d'ozone.

Journaliste : Hélène Courchesne
Réalisatrice : Francine Charron
Adaptation pour Internet : Jean-Charles Panneton et Caroline Paulhus

Hyperliens pertinents :

L'ozone stratosphérique
Site d'Environnement Canada


Amincissement de la couche d'ozone - les effets sur la santé
Page de Santé Canada

Liens reliés à la couche d'ozone
Suggestions d'hyperliens par Environnement Canada

Le secrétariat de l'Ozone
Site de l'organisme des Nations Unis qui se préocuppe du phénomène

 

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