Accueil : le prix de l'hygiène
L’asthme et la ferme
L'Hygiène, l'asthme et les allergies
Les maladies auto-immunes
Rééduquer le système immunitaire
Que faire?
Hyperliens

Les maladies auto-immunes : l’arthrite, la sclérose en plaques ou le diabète juvénile.
Les maladies auto-immunes Retour à Découverte

Il y a plus grave que les allergies. Parfois, le système immunitaire s’attaque à certains organes du corps, qu’il perçoit comme dangereux. Ce sont les maladies auto-immunes, comme l’arthrite, la sclérose en plaques ou le diabète juvénile. Ces maladies sont en croissance dans les pays riches, tout comme l’asthme et les allergies. Ici aussi, la colonisation de la flore intestinale pourrait être en cause.

Pompe pour personne souffrant asthme

Une expérience étonnante l’a démontré. Des chercheurs ont pris six souris, toutes génétiquement identiques, toutes prédisposées au diabète. Ils en ont placé trois dans une cage aseptisée, où l’air était filtré, l’eau stérilisée, de même que la nourriture. Les trois autres souris ont été placées dans une cage ordinaire, sans soins particuliers. Tous les mois, des chercheurs ont fait passer un test d’urine à chacune des souris pour connaître leur état de santé. Dans la cage ordinaire et sale, toutes les souris avaient un résultat normal, elles étaient en bonne santé. Alors que pour les souris de la cage aseptisée, deux sur trois ont développé le diabète. Cette expérience a été reprise et, chaque fois, les chercheurs ont obtenu les mêmes résultats.

Quel est l’effet de la cage sale? Comment les bactéries qui colonisent le tube digestif des souris éduqueront-elles leur système immunitaire?

Pompe pour personne souffrant asthme

Ce sont les questions auxquelles se sont consacrés Marika Sarfati et Guy Delespesse, un couple de médecins chercheurs. Elle est spécialiste du système immunitaire, et lui des allergies. Tous les deux s’intéressent particulièrement à une cellule très rare du système immunitaire : la cellule dendritique.

C’est la sentinelle du système immunitaire. Elle patrouille constamment la peau et les muqueuses, y compris celle de l’intestin. « On l’appelle “la professionnelle” parce qu’elle est capable d’aller chercher un paquet d’informations à l’extérieur du corps et de ramener ces informations au niveau de l’organe lymphoïque, là où se trouve le lymphocyte T. Elle est capable d’aller éduquer le lymphocyte T et de lui dire ce qu’elle a reconnu comme type d’antigène, et sous quelle forme elle l’a reconnu. Elle lui dit en fait s’il y a un danger ou non, s’il faut réagir ou non », explique le Dr Marika Sarfati, immunologiste au CHUM.

Par exemple, une cellule dendritique avale un grain de pollen, un corps étranger. La cellule dendritique transmet alors aux lymphocytes T ce message : « Voici un corps étranger, un grain de pollen, mais il n’est pas dangereux. Pas de panique, vous pouvez arrêter la réponse immunitaire! ». Si le corps étranger avait été un virus ou une bactérie dangereuse, la cellule dendritique aurait dit aux lymphocytes T de recruter une armée de cellules pour vaincre cet ennemi. Le problème, c’est que parfois le message passe mal, sans qu’on sache pourquoi. Les lymphocytes T sortent alors l’artillerie lourde sans que cela soit nécessaire. Résultat : allergies, asthme ou maladies auto-immunes.

Page suivante : rééduquer le système immunitaire
Journaliste : Isabelle Montpetit • Réalisatrice : Francine Charron
Adaptation pour Internet : Karine Boucher et Caroline Paulhus • Correction : Josée Bilodeau

Retour à l'accueil