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Chaos sous la terre
:: Un œil sur les tourbières et les glaces ::

Le tiers de tout le territoire circumpolaire est composé de tourbières. Si le pergélisol fond en profondeur, la biomasse végétale énorme qui s’y trouve sera exposée à l’air libre. Près de Yakoutsk, en Sibérie, des chercheurs russes ont donc construit un tunnel sous une tourbière encore emprisonnée dans le pergélisol. Leur intention est de voir comment l’activité microbienne va décomposer la matière organique, et surtout combien de dioxyde de carbone et de méthane seront relâchés dans l’atmosphère. C’est là la crainte des spécialistes. « Voilà un effet très important qui pourrait affecter le climat non seulement au niveau local, mais de manière globale. C’est relié à la quantité de gaz à effet de serre envoyés dans l’atmosphère. C’est très important, car une quantité énorme de dioxyde de carbone est séquestrée maintenant dans le pergélisol, non seulement dans les tourbières, mais ici même, dans cette région. Il y a de la tourbe gelée qui n’est pas encore entrée dans le cycle de carbone », expose Vladimir Romanovski.

La fonte du pergélisol est appelée à changer de grandes portions du territoire circumpolaire. Nous serons alors témoins de glissements de terrains, d’inondations, d’assèchements, de feux de forêts ou de toundra, et d’une pression continue sur des écosystèmes souvent très fragiles.

Les gaz à effet de serre contenus dans les tourbières représentent plusieurs fois la quantité de CO2 produit par les 700 millions de véhicules du parc automobile mondial. Voilà pourquoi on a tout intérêt à comprendre ce qui se passe dans l’ensemble du territoire circumpolaire.

Claude Duguay, de l’Université de l’Alaska à Fairbanks, est un spécialiste de la télédétection. Son outil de travail est une antenne parabolique qui recueille quotidiennement des millions de données provenant de nombreux satellites. Ces données, qui arrivent en vrac, sont ensuite passées à la moulinette des ordinateurs. Claude Duguay prête une attention spéciale à la formation de la glace à la surface des lacs et des rivières. « [Il y a] des lacs au milieu de la toundra. Pendant la période de fonte, plusieurs de ces lacs sont balayés par le vent. Il y a donc moins d’accumulation de neige et ils vont développer un couvert de glace beaucoup plus épais. Cette glace va disparaître plus tardivement, comparativement aux lacs qu’on retrouve en forêt. » Ce que Claude Duguay a constaté, c’est qu’actuellement, la fonte de la glace au printemps est devancée en moyenne de 6 à 8 jours.

Mais ce qui attise vraiment sa curiosité, ce sont les lacs peu profonds qui se forment à la suite de la fonte du pergélisol. « Des lacs comme ceux-là sont de très bons indicateurs de la dégradation du pergélisol. S’il y a fonte du pergélisol sous le lac comme tel, il peut y avoir infiltration d’eau et une diminution assez rapide du niveau du lac. » Parfois, les lacs disparaissent complètement. Vu du haut des airs, il ne reste plus que de la terre craquelée, complètement desséchée.

La fonte du pergélisol est appelée à changer de grandes portions du territoire circumpolaire. Nous serons alors témoins de glissements de terrains, d’inondations, d’assèchements, de feux de forêts ou de toundra, et d’une pression continue sur des écosystèmes souvent très fragiles. Sans compter une accélération probable du réchauffement climatique.

Journaliste : Mario Masson     Réalisatrice : Jeannita Richard
Adaptation pour Internet : Karine Boucher et Caroline Paulhus
Correction : Josée Bilodeau

© Radio-Canada.ca 2003

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