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Chaos sous la terre
:: Dégel du pergélisol ::

Les maisons, les chemins de fer, les routes, les pipelines, les aéroports, les mines, les exploitations pétrolières, toutes les infrastructures reposent sur un sol dont la caractéristique première est d’être gelé en permanence, sur une épaisseur moyenne de 50 à 200 mètres. C’est le pergélisol.

Généralement, la surface, qu’on appelle la couche active, ne dégèle jamais en profondeur, mais de quelques centimètres jusqu’à un mètre tout au plus. Il est tout à fait surprenant de voir qu’en plein été, alors qu’il fait 25 degrés Celsius à l’extérieur, le sol est toujours complètement gelé à moins d’une longueur de pelle.

Le problème, c’est que le pergélisol commence à fondre en profondeur dès qu’il y a de l’activité humaine, comme dans les champs où l’on a coupé les arbres. Professeur à l’Université de l’Alaska à Fairbanks, Vladimir Romanovski est un spécialiste mondial de ce drôle de sol. « Aussitôt que le pergélisol se met à fondre, la glace, les morceaux de glace qu’il contient deviennent de l’eau qui se met à ruisseler. Ultimement, la fonte de cette glace crée des cavités, ou des vides, sous la surface. Au début, la surface tient le coup, mais à la longue, à cause de l’humidité ou pour d’autres raisons, elle s’effondre, et cela crée ces espèces de trous. Ici, en Alaska, les gens les appellent : entonnoirs. »

Le problème, c’est que le pergélisol commence à fondre en profondeur dès qu’il y a de l’activité humaine, comme dans les champs où l’on a coupé les arbres.

On comprend mieux l’importance d’étudier le pergélisol quand on sait qu’il couvre un territoire qui fait presque deux fois le Canada. C’est grâce à des stations météo automatiques distribuées partout dans le monde arctique que l’on a constaté les premiers changements. Toutes les cinq minutes, la température de l’air et la température à la surface du sol sont relevées, de même que la température de la couche active du pergélisol jusqu’à un mètre de profondeur. Lorsque les chercheurs viennent recueillir les données, ils en profitent aussi pour faire un petit test physique sur la solidité du pergélisol avec une tige de métal.

« Évidemment, on peut comparer avec les archives et on constate que ces changements n’arrivent pas qu’en Alaska, où ils sont plus prononcés, mais partout dans le Nord, dans l’hémisphère Nord. J’ai de très bonnes données provenant du centre et de l’ouest de la Sibérie qui montrent une hausse dramatique des températures du pergélisol, de même que sa fonte et sa dégradation », confie le professeur Vladimir Romanovski.

La fonte du pergélisol cause des problèmes sévères. Sur les routes de l’Alaska, par exemple. Ces routes gondolent tellement que, depuis 10 ans, on ne les refait plus. Tout au plus les nivèle-t-on chaque été.

 

Journaliste : Mario Masson     Réalisatrice : Jeannita Richard
Adaptation pour Internet : Karine Boucher et Caroline Paulhus
Correction : Josée Bilodeau

© Radio-Canada.ca 2003

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