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La baleine blanche

Un béluga au milieu du champ

15 $ la queue

Compliqué, son recensement

Un indicateur de pollution

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Un indicateur de pollution

 

Autrefois, lorsque venait le temps de descendre sous terre, les mineurs emportaient avec eux des canaris dans des cages. Ces oiseaux servaient d'indicateurs de la qualité de l'air. Quand ils commen┴aient à mourir, c'était signe que l'air était trop vicié pour rester dans la mine et qu'il fallait remonter au plus vite. Par analogie, le béluga joue vraiment son r┘le de « canari des mers » : il sert d'indicateur de l'état de la population du Saint-Laurent. Si les produits dilués dans ses eaux sont nocifs pour ce mammifère, ils le sont également pour nous. Quand le béluga commence à mourir parce qu'il vit dans le fleuve, c'est mauvais signe pour l'homme...



Les bélugas du Saint-Laurent sont les mammifères les plus contaminés de la planète. Ils sont tellement gorgés de produits chimiques que leurs carcasses sont traitées comme des déchets toxiques.

 

 

 

 

Comme il se trouve en haut de la pyramide alimentaire, ce cétacé est touché moins vite par le mercure, les résidus d'aluminium, les pesticides et autres polluants. Mais quand ces derniers l'atteignent, c'est sous une forme beaucoup plus concentrée. De même, lorsque la pollution du fleuve baisse, il est le dernier à en retirer les bénéfices, car son organisme est le dernier à être « nettoyé ».

 


Le portrait est désastreux. On retrouve chez le béluga du Saint-Laurent de nombreux cancers et maladies absents chez son cousin, le béluga arctique, qui vit dans des eaux moins polluées. Par ailleurs, les cancers et tumeurs recensés chez les bélugas autopsiés comptent pour près de la moitié de tous les cancers jamais signalés chez les cétacés du monde entier.

 

 

Quand un béluga atteint 16 ans (il peut en vivre 30), la teneur en mercure de son organisme a déjà passé le seuil qui, chez les humains, est considéré comme critique pour le développement du système neurologique. Ce taux augmente tant que les baleines vivent dans le fleuve, c'est-à-dire jusqu'à leur mort.

 

Jusqu'à maintenant, ce qu'on sait de l'état de santé des bélugas du Saint-Laurent nous vient des autopsies des animaux morts retrouvés échoués sur les rives. Mais qu'en est-il des animaux vivants?

 

 

Procéder à un examen en règle d'un béluga sans trop le déranger n'est certainement pas chose facile. On procède à des biopsies en se servant de flèches à pointe creuse qu'on tire à l'aide d'une arbalète. À l'intérieur de la flèche se trouve un tire-nerfs de vétérinaire. La flèche qui atteint le béluga prélève sans blesser un bout de peau qu'on analysera ensuite.


Grâce à cette méthode, il n'est pas nécessaire de capturer l'animal, ce qui serait beaucoup trop stressant pour lui. évidemment, il n'est pas question de tirer le premier venu. Il faut auparavant bien identifier sa cible et pouvoir la photographier. Ensuite, il faut être patient et attendre le bon moment. Dans ce cas-ci, Robert Michaud, notre « tireur d'élite », a pris pour cible un bleuvet, un jeune béluga dont la peau n'est pas encore blanche.


Le biologiste a fait mouche. Le béluga n'a pas aimé et a plongé aussit┘t. Il n'y a pas de danger; il reparaîtra dans quelques minutes. Après avoir rebondi sur la peau de l'animal, la flèche qui flotte sur l'eau est repêchée.

 

 

Le bout de chair qu'elle contient est récupéré avec soin. Il sera coupé en deux morceaux. L'un, l'épiderme, servira aux tests génétiques. L'autre, le bout de graisse, donnera des informations sur les taux de contamination du béluga.

Pour l'instant, les données relevées chez les animaux vivants et morts présentent une image assez différente les unes des autres. Les échantillons prélevés chez les animaux vivants sont moins contaminés que chez les animaux morts, sans qu'on comprenne pourquoi.

Depuis 20 ans, sous la pression des gouvernements et du public, les entreprises polluent beaucoup moins le fleuve. Les bélugas d'aujourd'hui nagent dans des eaux beaucoup plus propres. Et l'analyse des carcasses échouées récemment montre une baisse de certains contaminants. Mais on se demande si on doit crier victoire pour autant.

 


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